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13 juillet 1928 : loi sur l’habitat social

mercredi 13 juillet 2011

Au XIXè siècle, la révolution industrielle entraînait la mobilité de populations de plus en plus nombreuses vers les industries et les villes, mais l’habitat populaire consistait souvent en des constructions où l’entassement était grand et la salubrité absente.

Dès la fin du XIXè et le début du XXè siècle, la préoccupation politique se traduisit par des premières lois pour encourager la construction de maisons urbaines, « habitations bon marché » (HBM), par des conditions favorables de prêts et de fiscalité pour les sociétés d’HBM et l’accession à la propriété, puis par la possibilité de construction par les municipalités.

Mais leur impact resta modeste.
La guerre engendra de nombreuses destructions dans le nord-est de la France et les années 20 renforcèrent l’exode des ruraux vers les villes, et ces deux facteurs se cumulèrent dans une forte crise du logement.

Aussi en 1928 fut prise une loi qui, pour la première fois, comportait un programme de construction et les mesures pour le réaliser, notamment en renforçant beaucoup les aides financières, en particulier par des prêts à faible taux d’intérêt auprès de la Caisse des Dépôts. L’objectif était de 260 000 logements en 5 ans, dont 200 000 constructions HBM attribuées sur critères sociaux et 60 000 d’un nouveau type, les HLM, « habitations à loyer moyen », pour des gens à revenu un peu plus élevé, le tout avec la volonté de favoriser l’accession à la propriété. Le programme comportait aussi des mesures favorisant l’assainissement et la rénovation des maisons rurales. De quartiers nouveaux s’élevèrent, comme à Roubaix ou des extensions urbaines autour de Paris, telles Drancy et Villepinte.

Mais ce programme fut fortement perturbé par l’arrivée de la crise de 29 en France qui provoqua un arrêt de la construction et une non-reconduction de la loi en 1933. Ainsi, le bilan fut-il ramené à 100 000 ou 120 000 constructions, une petite moitié du programme prévu. Jusqu’à ce que ces programmes reprennent de plus belle après la seconde guerre mondiale, en raison de ses destructions et de l’essor démographique du baby boom.