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16 février 1943 : loi sur le STO

samedi 5 février 2011

Un moment noir de l’histoire du travail !

Le régime nazi peinait à assurer la production et l’approvisionnement de la guerre totale qu’il avait engagée ; armements, véhicules, avions, etc. étaient demandés en grande quantité aux industries allemandes alors que les hommes étaient utilisés à la guerre. On connaît l‘emploi des camps de concentration. Il faut y ajouter l’idée nazie, dès 1942, de réquisitionner de la main d’œuvre, obligation imposée aux pays d’Europe soumis, Pologne, Russie, France…. Le régime d’Hitler trouva une oreille favorable auprès du gouvernement de Vichy, en particulier Pierre Laval. Celui-ci, dès l’été 42, commença à inciter les hommes à partir travailler en Allemagne, en principe contre le retour de prisonniers de guerre – mais un pour trois seulement -, mais devant le peu de succès, Pétain prit un ordre de réquisition d’ouvriers dès septembre 42. Cela provoqua le déplacement vers l’Allemagne de 250 000 ouvriers, surtout de la moitié nord occupée de la France.

Pour fournir la main d’oeuvre en nombre exigé par l’Allemagne, une loi de Vichy institua le 16 février 43 le Service du travail obligatoire (STO) qui s’imposait à tous les jeunes de 20 à 23 ans (nés entre 1920 et 1922). En tout, de 42 à 44, 600 000 à 700 000 jeunes furent obligés d’aller travailler en Allemagne, dans des conditions de travail particulièrement dures (12 heures par jour, la faim, les baraquements, le froid…) et 35 000 y moururent. Un bon nombre refusèrent aussi de partir, autour de 200 000 et se cachèrent, une partie d’entre eux venant grossir les maquis qui se multiplient dès 1943, mais d’autres entrant dans les rouages de Vichy, d’autres encore parvenant à se faire oublier par l’occupant.

À la Libération, ces victimes du travail forcé furent reconnues comme des « déportés du travail ».