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40 ans d’opinions européennes, l’Europe à la croisée des chemins

samedi 19 septembre 2015

Depuis 40 ans, les eurobaromètres ont permis d’avoir une meilleure connaissance de l’opinion publique européenne au bénéfice des acteurs publics européens et des chercheurs en sciences sociales. Ils sont ignorés des médias et peu connus des citoyens. Mais ils sont plébiscités quand ils les découvrent. Cette banque de données unique comprend plus de 150 rapports annuels sur 38 ans et impliquent 300 000 citoyens européens. « L’institutionnalité de l’eurobaromètre est une source incontournable pour les milieux intellectuels et les agents communautaires. » déclare ainsi l’Institut Notre Europe Jacques Delors, dans le rapport « je t’aime, moi non plus » de Signorelli.

Quelques exemples

  1. - 1 - L’eurobaromètre exploratoire : « Quelles sont les évolutions sur la longue durée de l’opinion publique européenne à l’égard de l’UE ? ». Les réponses de 1973 à 2014, soit plus de 40 ans, donnent une réponse positive pour l’attachement à l’Europe. Les grandes étapes institutionnelles (élargissement, élection) sont des occasions de renforcement des opinions positives. Les crises économiques entraînent de réelles dégradations d’opinions publiques à l’égard de l’Union européenne. Ces dernières années, les indicateurs se dégradent puisque la construction européenne fait davantage face à des crises économiques et sociales qu’à des évolutions institutionnelles et politiques.
  1. -2 - Question posée depuis 2010 : Les Européens se sentent-ils de citoyenneté européenne ? Au printemps 2014, pour la première fois, les deux tiers des Européens interrogés ont le sentiment d’être des citoyens de l’Union européenne. (65 %, +6%) : « oui, tout à fait, 26 %, + 6% », « oui, dans une certaine mesure, 39 % ».
  1. - 3 - L’enquête eurobaromètre semestrielle de l’automne 2014 : L’opinion publique à la croisée des chemins. Cette enquête réalisée après la nomination de la nouvelle Commission européenne invite l’UE à transformer l’essai. Pour la première fois depuis 2011, les Européens ayant une image positive de l’UE (39 %) dépassent ceux ayant une image neutre (37 %) ou négative (22 %). La confiance dans l’Union européenne augmente (56 % déclarent être optimistes). La citoyenneté européenne soulève des attentes fortes.
  1. - 4 - L’eurobaromètre qualitatif sur « la promesse de l’UE » : Quelles sont les recommandations des citoyens pour l’information et la communication citoyenne ? Le rôle des médias : comment améliorer l’information ? Les citoyens se sentent peu informés, des doutes s’expriment sur l’objectivité des médias. Ils font plus confiance à la radio et à internet. Pour eux, les sujets européens sont peu nombreux et leur traitement est biaisé. L’information est filtrée par les préférences des journalistes :
    1. A- Les attentes des citoyens : Ils demandent davantage d’articles sur le quotidien, comme l’éducation ou le chômage. Ils souhaitent connaître la façon dont l’Europe s’est construite, ce qu’elle a réalisé. Ils demandent plus d’articles sur les actions de l’UE, des articles plus concrets et plus détaillés, avec l’explication des conséquences sur la vie des citoyens. Des informations fiables, accessibles et faciles à comprendre.
    2. B- Comment l’Union européenne doit-elle communiquer ? Les citoyens reprochent le jargon officiel incompréhensible. Ils veulent une communication plus directe, plus personnelle, moins institutionnelle. D’autres moyens sont suggérés : plateforme sur laquelle les citoyens pourraient donner leurs opinions, organisation des initiatives sous la forme d’un référendum, participation à des enquêtes votées en ligne. Ils se veulent moins passifs, avec une demande d’interactivité.
    3. C- Être européen : une réalité géographique partagée, une identité en devenir. Pour la plupart des citoyens, l’attachement à leur nationalité est plus fort même si les jeunes se sentent plus européens.
    4. D- les caractéristiques associées à l’appartenance européenne les plus citées : tolérance, paix, diversité, histoire partagée, liberté de circulation, suppression des frontières, démocratie, monnaie unique, valeurs communes, niveau de vie plus élevé, respect des droits de l’homme.
    5. E- Unité et intégration : les avantages de l’UE l’emportent sur les effets négatifs, mais les avancées futures sont limitées.
      1. - Aspects positifs de l’appartenance à l’Union européenne : stabilité économique accrue, croissance et retombées favorables, marché libre, liberté de circulation, monnaie commune, fait de bénéficier de la protection de l’UE, fait de pouvoir être compétitif dans une économie mondialisée, intégration plus poussée et davantage d’échanges culturels comme les programmes Erasmus, les financements européens. Pourtant l’évolution de la crise grecque confirme que l’appartenance à l’UE et à l’euro sont plébiscités au-dessus de toute autre chose.
      2. - Aspects négatifs de l’appartenance à l’Union européenne : réglementations trop nombreuses, inefficaces, et s’ingérant dans des sujets qui devraient être traités au niveau national. Impossibilité de limiter l’importation de biens médiocres. Crainte d’un afflux de citoyens de l’UE qui prendraient des emplois. Certains pays ont souvent vu leurs opinions publiques être moins favorables à l’UE avec la crise, surtout dans le cas de la Grèce.

Avec ces enquêtes, la Commission européenne peut prendre conscience du chemin parcouru, mais aussi des divergences à résoudre pour une armée ou une fiscalité européenne.
Elle peut aussi, à la lumière de la gestion de la crise grecque ou de celle des migrants, mesurer le chemin qui reste à parcourir.


Références :