Cet échantillon n’est pas, il est vrai, représentatif des salariés au sens strict. Mais le questionnaire, parce que riche (21 questions), nuancé dans les choix offerts et intelligent, fait apparaître des réponses d’autant plus intéressantes qu’elles éclairent les résultats de sondages scientifiques et l’état du syndicalisme français. Invitons tous ceux et celles qui veulent réfléchir à prendre connaissance des résultats détaillés.
L’image générale du syndicalisme n’est pas vraiment bonne chez les internautes : certes il est à 68 % indispensable et utile, mais il y a quand même 30 % qui l’estime inutile voire néfaste.
Leur opinion sur son rôle dans les mouvements sociaux est partagée : 45 % estiment que les syndicats jettent de l’huile sur le feu. Si 44% pensent que les syndicats attirent l’attention sur des situations inacceptables, seulement 20 % jugent qu’ils défendent les plus modestes.
Pire ils sont perçus quasi exclusivement comme défendant les fonctionnaires (39 %) et les salariés des entreprises publiques (25%), comme défendant des avantages qui ne se justifient plus (46 %), comme non représentatifs (43 %), comme trop politisés (31 %) et utilisant des méthodes qui sortent souvent de la légalité (24 %).
Là où les répondants travaillent (ou ont travaillé), l’avis est partagé à 38 contre 33 % sur l’utilité des syndicats, tandis que 21 % disent qu’ils n’avaient pas de syndicats. Un tiers n’a pas eu de relation directe avec un syndicat et 31 %, quand ils l’ont eu, n’en ont pas retiré une bonne opinion. Conséquence : 47 % ne font confiance à personne en particulier pour défendre leurs intérêts sur leur lieu de travail, et si 26 % font confiance aux syndicats, 18 % préfèrent leur employeur ou leur supérieur hiérarchique.
Pourtant les mêmes disent que le faible taux de syndicalisation français est une mauvaise chose (65%), mais le grand nombre de syndicats l’est aussi (à 58 %).
Certes le questionnaire ne compare que trois confédérations (CFDT, CGT, FO), en ajoutant SUD.