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Après la démission de Pascal Pavageau

samedi 20 octobre 2018

Un coup dur pour Force Ouvrière après un congrès qui avait montré ses divisions internes et à un mois et demi des élections dans la fonction publique. Toutefois, pas question de faire l’amalgame avec l’ensemble du mouvement syndical.

Inutile de revenir longuement sur les révélations du Canard enchaîné sur l’existence d’un fichier occulte concernant des responsables de fédérations et d’Unions départementales de Force Ouvrière. Celui-ci contient des annotations illégales sur leurs qualités ou défauts supposés et surtout fait état, pour certains, de leur orientation sexuelle ou appartenance politique, religieuse ou à la franc-maçonnerie. Pascal Pavageau directement mis en cause dans l’existence de ce fichier a décidé de démissionner avant même que les instances confédérales ne mettent fin à son mandat. Décision certainement salutaire pour tenter de sauver l’image de l’organisation à quelques semaines des élections de la fonction publique.

Comment la troisième organisation syndicale a-t-elle pu connaître un tel épisode qui jette le doute sur les valeurs qui animent certains responsables de la centrale ? Déjà, l’ambiance du dernier congrès avait été délétère et l’attitude de Pascal Pavageau vis-à-vis de son prédécesseur pour le moins discutable (voir clés du social http://www.clesdusocial.com/apres-son-congres-fo-revient-elle-au-syndicalisme-de-contestation) . Même si opposants ou soutiens à la ligne contestataire adoptée au dernier congrès se sont retrouvés pour demander la démission du secrétaire général, FO a tout intérêt à une véritable introspection sur son fonctionnement, ses pratiques mais aussi ses fondements idéologiques et ses valeurs.

Au-delà de cet épisode qui touche Force ouvrière et après les problèmes rencontrés par Thierry Le Paon à la CGT, contraint lui aussi de démissionner, c’est le syndicalisme dans son ensemble qui risque d’être touché. On peut craindre, en effet, les amalgames qui pourraient être faits sans distinction par des commentateurs toujours prêts à jeter l’opprobre sur les syndicats.

Heureusement, certaines organisations sont plus armées que d’autres pour ne pas connaître de telles déconvenues. L’attachement aux valeurs fondamentales du syndicalisme et une certaine éthique fondée d’abord sur le respect des individus sont les garants d’un fonctionnement démocratique et de la démocratie sociale. Dans une société tentée par les populismes de toutes sortes, ce syndicalisme-là doit être un point d’appui pour répondre aux enjeux réels de notre époque et donner confiance aux travailleurs.