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Cadres, les paradoxes du recrutement et de l’organisation du travail

mercredi 26 novembre 2008

Ont paru quasi simultanément deux rapports, l’un du cabinet Proudfoot Consulting sur l’évolution annuelle de la productivité au niveau international « Global Productivity Study », et le « Baromètre RH » annuel pour la France du cabinet CSC avec Liaisons sociales et Entreprise et Personnel.

Ce dernier rapport remarque une nouvelle fois la fatigue grandissante des cadres, le développement du stress au travail.

Le premier met en exergue le poids des tâches administratives qui occupent en moyenne 1,7 journée hebdomadaire du travail des cadres : les managers interviewés eux-mêmes y insistent sur la lourdeur injustifiée de ces tâches (pour eux 1 journée serait bien suffisante et le tiers des rapports qu’ils doivent lire sont inutiles), ce qui diminue d’autant leurs capacités de management, de formation des équipes, d’innovation, de recherche de productivité.

Premier paradoxe, quand les entreprises ne jurent que par la productivité !

Or, précise le rapport CSC, un changement de générations de cadres est déjà entamé. Et les nouveaux cadres sont réfractaires aux contraintes, notamment administratives, aux outils trop formels et expriment un fort besoin de reconnaissance.

D’où un deuxième paradoxe, avec l’organisation dominante du travail existant dans les entreprises !

Ces contradictions sont d’autant plus gênantes que le papy boom et le manque structurel de salariés très qualifiés (10 % seulement de formés au niveau supérieur dans le monde), notamment dans les profils techniques, met, indépendamment de la crise, les entreprises en situation de concurrence pour le recrutement de cadres.