Au Royaume-Uni, les syndicats comme les employeurs estiment que la législation relative aux conditions d’emploi ne relève pas de la responsabilité de l’Etat, mais des leurs. C’est d’ailleurs pour éviter ce risque d’empiètement que le TUC a créé le Labour Party. Il était donc exceptionnel jusqu’à une période récente que le Parlement vote des lois sur les questions relative aux relations de travail.
Mais il est arrivé que devant les difficultés posées par la multiplication des conflits et l’absence de hiérarchie de la négociation collective que des gouvernements tentent d’intervenir. Deux Trade Unions Act ont ainsi été votés, sans d’ailleurs qu’ils aient eu beaucoup d’influence.
C’est ensuite M. Thatcher qui est intervenue en faisant adopter différentes lois sur la grève et la gestion des syndicats. Mais, pour autant, le gouvernement n’est pas intervenu sur des questions comme la durée du travail, les salaires, les conditions d’embauche ou de licenciement.
En effet, les acteurs britanniques qui s’opposent sur bien des sujets, séparent les conditions d’emploi qui relèvent de la négociation collective et les conditions sociales qui elles relèvent des pouvoirs publics.
Cette réserve britannique de la puissance publique dans le domaine des relations de travail est identique dans les pays scandinaves. Dans ces pays, le Parlement n’est sollicité sur ces questions que si les partenaires sociaux le demandent. Le fait que le gouvernement suédois ait fait voter une loi à la demande du syndicat LO, alors même que les employeurs y étaient opposés a été considéré par ces derniers comme une rupture dans l’ordre contractuel. Dans ces pays, les partenaires sociaux sont dénommés « Partis du marché du travail », ce qui signifie bien la délégation de pouvoir qu’ils ont dans les questions des conditions d’emploi. |