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textes sur le "social" en Europe
 
REVISION DE LA DIRECTIVE
La COMMISSION A LANCE LA DEUXIEME PHASE DE CONSULTATION

Il existe près d’un millier de comités d’entreprise européens créés depuis l’adoption d’une directive en 1994. Plus de 15 000 représentants des salariés siègent dans une telle instance. Ils sont issus des différentes filiales des entreprises et donc de différents pays. Ils constituent en quelque sorte le premier front de la création d’une Europe sociale au quotidien.

 

Des évaluations qualitatives, menées par les organisations syndicales, et par des organismes de recherche sociales comme la Fondation de Dublin, ont exposé différentes lacunes au fonctionnement de ces comités et à l’efficacité de ses missions. Des confrontations ont été organisées entre la CES, confédération européenne des syndicats et l’organisation des employeurs européens, Businesseurope.

 

La Commission a, selon les procédures existantes, consulté les partenaires sociaux européens d’abord sur l’opportunité de modifier la directive, puis sur son éventuel contenu. Et elle a posé la question aux deux parties de savoir s’ils préféraient négocier entre eux ou s’ils faisaient le choix d’une directive ?

 

En février 2008, la CES répond : « La CES est prête pour une négociation substantielle et rapide. Mais nous n’accepterons pas que les employeurs cherchent à gagner du temps »,

 

Quelques semaines plus tard, les trois organisations d’employeurs répondent : « S'appuyant sur une évaluation en profondeur des comités d'entreprise européens des expériences pratiques et des besoins, notre principal objectif sera de s'entendre sur une modification du cadre législatif de l'UE, qui permette d'améliorer le fonctionnement des comités d'entreprise européens.
Considérant que les partenaires sociaux européens sont les mieux placés pour répondre à cet examen, les employeurs espèrent que la Confédération européenne des syndicats sera bientôt être en mesure de prendre une position ».

 

Représentation de confédérations syndicales qui ont une pratique élevée de la négociation et pour qui la négociation est la fonction première du syndicalisme, la CES, curieusement, a répondu par la négative. « On ne disposerait pas de suffisamment de temps pour les négociations et pour la question à traiter dans le temps qui reste à cette Commission et ce Parlement. En outre, il n’a pas été possible d’identifier une base d’entente réaliste sur certaines questions pour lesquelles il existe - et a existé - des différences fondamentales avec Businesseurope. Pour ces raisons, dans les circonstances actuelles, il est impossible d’avoir des négociations du dialogue social ».

 

L’argument ? Nous sommes pressés et comme les divergences importantes avec la partie patronale nécessiteraient du temps pour parvenir à un accord, nous préférons une directive qui impose ses conclusions à un compromis. Rapidement, avant les changements qui vont intervenir dans la composition de la Commission.

 

Mais le contenu de la révision sera un compromis dont la responsabilité sera assumée par la Commission qui ne sera pas forcément systématiquement favorable aux demandes de la CES.

 

Il ne restait plus aux employeurs qu’à regretter la décision de la CES : BUSINESSEUROPE, l'UEAPME et le CEEP ont informé le Commissaire Spidla « qu’ils regrettent la décision inattendue de la Confédération européenne des syndicats de rejeter l'ouverture de négociations sur les comités d'entreprise européens. Les employeurs a demandé au Commissaire de faire ses meilleurs efforts pour permettre que le  dialogue social  apporte une solution. Ils estiment que la négociation entre
partenaires est essentielle pour trouver le juste équilibre entre les besoins des employeurs et des travailleurs ».

 

 

LE PARCOURS DE LA REVISION

Septembre 1994, adoption de la directive sur le comité d’entreprise européen. Son éventuelle révision est fixée au septembre 1999.

 

Décembre 1998, la CES fait des propositions d’amendements à la directive.

 

En avril 2000, la Commission publie une communication sur l’application de la directive. La publication de ce rapport déclenche des débats dans différentes institutions sur la révision de la directive. La CES réclame alors une révision de la directive alors que BusinessEurope conteste une éventuelle action législative et défend une approche négociée.

 

En septembre 2001, le Parlement européen adopte une résolution invitant la Commission à soumettre une proposition visant à réviser la directive.

 

En septembre 2003, le Comité économique et social européen publie un avis sur l’application de la directive et les points qui pourraient faire l’objet de modifications. Les employeurs manifestent à cette occasion leurs réticences.

 

En décembre 2003, la CES adopte une nouvelle résolution sur la révision de la directive.

En avril 2004, la Commission lance une première consultation sur la directive. Elle ne contient pas de propositions de révision, mais demande aux partenaires de donner leur avis sur la méthode de révision : accord volontaire ou intervention de la Commission.

 

BusinessEurope déclare être opposée à une révision, et que les partenaires sont les mieux placés pour adapter éventuellement le fonctionnement des comités. La CES réaffirme sa demande de révision et pointe ses demandes.

 

En avril 2005, les partenaires sociaux européens publient une co-évaluation du fonctionnement des comités européens.

 

En avril, le commissaire pour l’emploi publie une communication qui traite des restructurations et de l’emploi et qui aborde aussi le thème de l’efficacité des comités. La CES et BusinessEurope critiquent ce mélange de sujets. BusinessEurope rappelle son opposition à une deuxième phase de consultation en vue de la révision.

 

En Février 2006, le Parlement européen invite la Commission à engager la deuxième phase de consultation sur la révision. En septembre de cette année, le CESE en fait autant.

 

En février 2008, la Commission lance la deuxième phase de consultation en vue de la révision de la directive. Son document propose trois thèmes de révision :

  • l’amélioration de l’efficacité des représentants (définition des termes consultation, information, etc.)
  • la résolution des incertitudes juridiques
  • la cohérence de la directive avec d’autres textes européens

 

 

 

 

LES PROPOSITIONS DE LA CES

Définition plus précise de l’information et de la consultation

Assurer la participation d’un représentant des fédérations professionnelles à la négociation et au comité

Définir procédure de révision des accords

Renforcer droit à la formation des membres du comité

Réduire période de négociation à un an au lieu de 3

Instaurer non applicabilité des décisions en cas de non respect des procédures

Droit d’ester en justice

Définir notion de confidentialité

Prévoir réunions de préparation avant plénière

Autorisation d’accès aux sites