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Employabilité : menace ou opportunité ?

dimanche 3 mars 2013

Les salariés constatent les effets de la crise sur l’emploi dans leur entreprise : ils sont plus de 50 % à noter autour d’eux le non remplacement des départs et le non renouvellement des CDD ou de l’intérim, 20 % (davantage dans la construction) à observer des licenciements économiques ou davantage de plans sociaux. De son côté, près d’un chef d’entreprise sur cinq considère qu’un plan social est probable dans son entreprise, davantage dans le BTP

 [1]

Des salariés disposés à des concessions

Face à la perspective d’un rebond de la crise avec des effets pires qu’en 2008-2009, les salariés sont prêts à des concessions fortes : 64 % sont prêts à aménager les 35 heures pour éviter un plan social, 59 % acceptent un gel des salaires et 54 % accepteraient des périodes de chômage partiel. Cependant ils sont moins nombreux (32%) à accepter une diminution de salaire. Les chefs d’entreprise évaluent l’attitude de leurs salariés dans les mêmes proportions. Tout ceci est significatif du très haut niveau de crainte du chômage, crainte d’autant plus forte chez les salariés du privé qu’ils estiment à 69 % qu’il leur serait difficile de trouver un emploi équivalent s’ils perdaient leur emploi, et à 29 % très difficile, davantage chez les ouvriers et les seniors.

Si le terme « employabilité » est méconnu d’une majorité de salariés (53 %) et de chefs d’entreprise (59%), la réalité ne l’est pas : 70 % des salariés du privé estiment que l’atout le plus important pour retrouver un emploi est de fait d’avoir la capacité et les compétences permettant de changer de poste ou de secteur d’activité. Les atouts suivants sont : rester motivé (61 %), avoir des relations (53 %), accepter de faire des sacrifices en matière de rémunération, d’éloignement ou d’intérêt du travail (50 %), avoir de la chance (39 %), avoir des diplômes (27 %).

Mais 45 % des chefs d’entreprise constatent qu’il leur arrive de proposer des offres d’emploi qu’ils n’arrivent pas à pourvoir, faute de trouver le bon profil. Pour 22 %, c’est un problème qui leur arrive souvent.

Des auto-évaluations positives

Or les salariés, quand ils s’auto-évaluent, estiment à 78 % qu’ils disposent des qualités professionnelles et des compétences recherchées dans leur secteur d’activité ; 61 % pensent que leur entreprise leur a permis d’enrichir leurs compétences ; à 51 % ces formations professionnelles leur ont permis de rester au fait des innovations dans leur secteur. Ils sont en revanche conscients de la difficulté de sortir de leur champ de compétences et de leur secteur d’activité actuel : 40 % seulement sont optimistes à cet égard. Ils agissent encore peu pour améliorer leur propre niveau d’employabilité : par exemple, seule une minorité (autour de 20 %) consultent des offres d’emploi pouvant les concerner, soignent leurs relations dans et en dehors de l’entreprise. Si 82 % des répondants se disent prêts à être formés à un métier totalement différent, emploi à la clé, en cas de chômage, on sait combien c’est alors difficile et souvent trop tard, en particulier pour les employés et les ouvriers et parmi eux les salariés les moins formés initialement et au long de leur vie de travail.

De leur côté, les chefs d’entreprise jugent à 71 % qu’améliorer l’employabilité (acquérir de nouvelles compétences transférables à d’autres secteurs d’activité) de leurs salariés est une opportunité plutôt qu’un risque (19 %). Mais en font-ils une priorité, pour agir tout au long de la carrière de leurs salariés, et d’abord des moins formés ? C’est beaucoup moins certain. Pourtant il s’agirait pour eux de réduire les problèmes d’adéquation entre l’offre et la demande dont ils sont également victimes. Et, somme toute, un des moyens d’améliorer la compétitivité.


Notes :

[1IPSOS et le CESI, en partenariat avec le Figaro et BFM, ont interrogé 400 chefs d’entreprise (par téléphone) et 1000 salariés (par internet) entre le 11 et le 25 octobre 2012 sur « chômage et employabilité en période de crise ».