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Faible reprise de l’emploi attendue en 2015 dans les pays de l’OCDE

mercredi 15 octobre 2014

Dans l’édition 2014 des Perspectives de l’emploi, l’OCDE précise que le chômage restera bien au dessus des niveaux d’avant la crise dans la plupart des pays. Certains pays comme l’Espagne (24 %) et la Grèce (27%) connaîtraient un recul tout en restant à un niveau très élevé. Dans la zone euro, le taux de chômage passerait de 11,6 % au milieu de l’année 2014 à 11,2 % à la fin 2015. Il resterait supérieur à 10 % dans certains pays alors qu’il devrait passer sous la barre des 5 % en Autriche, en Allemagne, en Corée, en Islande, au Japon, au Mexique, en Norvège et en Suisse d’ici la fin 2015.

Le chômage de longue durée (plus de 12 mois) est la préoccupation majeure et concerne dans les pays de l’OCDE plus de 16 millions de personnes, chiffre doublé depuis le début de la crise. Le rapport souligne qu’une reprise économique sera insuffisante pour renverser ce phénomène et demande aux pays d’aider cette catégorie de chômeurs à retrouver un emploi en mettant en place des programmes plus personnalisés pour l’aide à la recherche d’emploi et de formation.

L’OCDE fait aussi état des conséquences sur les salaires, restés stables depuis 2009, et/ou qui ont baissé de 2 à 5 % (Espagne, Grèce, Irlande, Portugal) et mentionne les difficultés et l’impact de ces baisses pour les travailleurs faiblement rémunérés. La poursuite de cette baisse des salaires pourrait être contre-productive car elle ne stimule ni l’emploi ni la demande. Ainsi l’OCDE recommande aux pays de renforcer la croissance économique par la conduite de réformes structurelles pour gagner en compétitivité sur les marchés. Quant aux travailleurs faiblement rémunérés, il est recommandé de ne pas les soumettre à des ajustements salariaux. Cette recommandation est valable aussi pour les Etats-Unis et l’Allemagne, pays où le chômage a baissé depuis la crise mais dont la part des bas salaires dépasse la moyenne de l’OCDE.

Pour l’OCDE, le salaire minimum obligatoire, en cours d’application dans 26 des 34 pays de l’OCDE (y compris des économies émergentes), peut aider à soutenir les revenus des travailleurs faiblement rémunérés.

La qualité de l’emploi, dont la dimension la plus importante est la stabilité du contrat de travail, doit être incluse dans un nouveau cadre de distribution des revenus d’activité, de sécurité sur le marché du travail et de qualité des conditions de travail. De fortes disparités sont mises en exergue, à la fois entre pays et entre catégories socioéconomiques. C’est le cas notamment des jeunes et des travailleurs peu qualifiés qui ont des emplois de moins bonne qualité. À noter également dans ce rapport une recommandation de combler l’écart de niveau de qualité de l’emploi entre les salariés permanents et les salariés temporaires. Plus spécifiquement pour les économies émergentes, pour améliorer la qualité de l’emploi, il préconise de promouvoir la création d’emplois dans le secteur formel (l’économie officielle) avec une protection sociale plus cohérente et adéquate, afin de réduire l’impact très négatif dans ce domaine de l’emploi informel sans protection sociale.

Il est remarquable qu’à son tour l’OCDE insiste sur l’importance de la qualité du travail et la nécessité d’arrêter de jouer à la baisse des salaires. Un point de vue bien différent de celui qu’ont défendu la plupart des institutions économiques et financières internationales pendant de longues années…


Le document :
http://www.oecd.org