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Fécondité : la relation travail – enfant

dimanche 13 novembre 2011

Nous avions déjà attiré l’attention sur le lien entre l’emploi des femmes et le taux de fécondité. Une nouvelle étude de l’INED (Institut national des études démographiques) confirme ce propos.

Si la fécondité a baissé rapidement dans les pays développés dans la seconde moitié du XXe siècle, époque marquée par une croissance économique ininterrompue dans ces pays, un retournement de tendance s’est cependant produit dans la dernière décennie. La fécondité se remettant à augmenter dans les pays les plus riches sans que le progrès économique cesse pour autant. Ainsi, dans les pays de l’OCDE, la fécondité est passée en moyenne de 1,69 enfant en 1995 à 1,71 en 2008, note une étude de l’INED publiée le 22 septembre. Le rebond a été particulièrement marqué en Espagne, en France, en Belgique, au Royaume-Uni et en Irlande. A partir d’un certain niveau de richesse, à partir d’un PIB par tête d’environ 30 000 dollars US selon les chercheurs, le progrès économique deviendrait-il un booster de naissances ? Non !

La croissance du PIB est insuffisante pour expliquer la remontée de la fécondité. Les démographes de l’INED ont réussi à isoler un facteur clé pour expliquer ces disparités : la conciliation entre travail et famille pour les femmes. "Dans la plupart des pays les plus riches, la remontée de la fécondité est associée à un taux d’emploi élevé chez les femmes". Ce qui était vrai dans les années 1980 (la fécondité était la plus haute dans les pays aux taux d’emploi féminin les plus bas) est aujourd’hui totalement inversé. Une fois que les femmes deviennent actives, "le revenu additionnel qu’elles apportent au ménage rend le surcoût lié à l’arrivée d’un enfant supplémentaire supportable, sans compter l’aide éventuellement fournie par l’État, s’il existe une politique familiale". Un scénario qui fonctionne parfaitement dans les pays scandinaves ou en France grâce aux aides publiques familiales importantes, mais aussi grâce à des structures d’accueil dès le plus jeune âge.

Conclusion des chercheurs : "À l’avenir, la relation entre niveau économique et fécondité sera de plus en plus le reflet de l’efficacité des politiques familiales".

Donc ne faudrait-il pas dire : plus les femmes peuvent travailler et en conciliant travail et famille et plus elles ont d’enfants, car si elles travaillent sans solution pour la garde des enfants, elles ne font pas d’enfants ?