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Fonctionnaires et réformateurs

lundi 1er mai 2006

Six fonctionnaires sur dix jugent urgent de réformer le fonctionnement de l’Etat et du secteur public ! Selon un sondage TNS-Sofres d’avril 2006 publié dans « Le Parisien », pour 59% des agents de l’Etat, il est urgent de réformer le fonctionnement de l’Etat et du secteur public, 44% jugeant trop lent le rythme des réformes.

Les agents invoquent quatre motifs à ce changement :

- mieux répondre aux exigences des usagers : 95% jugent même cet enjeu important
- rendre leur travail plus intéressant, leur offrir de meilleures perspectives de carrières, améliorer leur image ;
- améliorer la performance de l’économie française. Plus des 2/3 des agents jugent que l’allègement du coût de la fonction publique est un motif de réforme important.
- S’adapter aux évolutions technologiques.

Ainsi, les agents de l’Etat lient la réforme à l’attente des usagers, à leurs propres attentes d’un meilleur travail, irréalisable dans les conditions actuelles, et à un coût moindre du fonctionnement de l’Etat.

Une majorité est favorable aux mobilités entre services, à l’élargissement des horaires d’ouverture aux usagers.

Mieux, près des trois quarts sont favorables à l’instauration d’un service minimum en cas de grève et les 2/3 aux promotions et rémunérations au mérite.

Plus de la moitié des agents se montre favorable à l’allègement des effectifs à l’occasion des départs en retraite.

Demeure deux points de blocages : le transfert des missions assurées par l’Etat aux collectivités locales et surtout au secteur privé.

Les jeunes agents sont davantage disposés à la réforme.

Selon les différentes fonctions publiques, des nuances apparaissent. Les enseignants sont les moins ouverts au service minimum, aux démarches qualité, à la culture de résultats et à la décentralisation. Les agents des collectivités territoriales sont à l’opposé les plus impatients devant les réformes. Les agents de la fonction publique d’Etat sont paradoxalement les plus critiques à l’encontre du mauvais fonctionnement de leur administration et les moins pressés de voir des changements s’engager. Les agents hospitaliers expriment l’urgence de changements avec, comme espérances, la sanction des responsables hiérarchiques incompétents, l’élargissement des horaires, le service minimum en cas de grève, le transfert des compétences de l’Etat vers les collectivités.

Les commentateurs les plus critiques des fonctionnaires accepteront ces réponses avec dérision en traitant les agents de l’Etat de schizophrènes. Ou diront que ces points de vue changeront aussitôt que le début d’une réforme sera entreprise.

Mais nous préférons dire qu’il est sensé de reconnaître que l’avenir des fonctionnaires a partie liée à ces changements qui doivent être engagés pour le public, pour le pays et pour notre intérêt au travail.

Reste alors à comprendre pourquoi si peu de changements sont lancés ? N’est-ce pas que l’on cherche le ministre qui veut bien faire son travail avec des syndicats qui cessent de parler au nom des agents pour dire le contraire de ce que ces derniers sont disposés à exprimer ?

Alors, qu’est ce qu’on attend ? La rupture ?