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Formation professionnelle : inégalités d’accès et courte vue

dimanche 11 septembre 2011

Si 67 % des salariés ont suivi une formation dans les cinq dernières années, dont 37 % l’année dernière, c’est moins qu’en 2006 (71 % en 5 ans et 44 % dans l’année), et les inégalités demeurent...

...c’est le résultat de l’enquête menée au printemps par IPSOS/Logica Business Consulting pour l’AFPA.
Les principaux facteurs discriminants sont constants : en premier la taille de l’entreprise, puis le niveau de diplôme, et enfin l’âge.

En effet, dans les entreprises de moins de 10 salariés, l’obligation minimum de dépense de formation n’est que de 0,55 % de la masse salariale et que de 1,05 % dans les entreprises de 10 à 19. Ce qui, vu le nombre de salariés, ne fait pas un gros budget. Or, ces entreprises cotisent à un OPCA mais 30 % seulement déclarent s’adresser à l’OPCA pour un besoin de formation, ce qui limite les possibilités pourtant existantes .et amène ainsi trop de fois à une mutualisation à l’envers au profit d’entreprises plus grandes.

Comme depuis le début de la législation de la formation professionnelle, la formation va d’abord aux plus formés. 39 % des non qualifiés n’ont jamais pu suivre de formation, de même que 37 % des employés des commerces et services et 35 % des ouvriers.

Alors que les salariés de 25 à 40 ans sont 63 % à être allés en formation dans les trois ans, ils ne sont que 56 % passé 40 ans. Les seniors, sans formation, ne peuvent évoluer en interne ou en externe et risquent d’être considérés comme moins productifs. donc exclus à terme. Ainsi, les seniors sont les plus touchés par le manque de formation.

L’enquête conclut à l’utilité de la formation - reconnue par les salariés formés et mieux utilisée par les entreprises - mais aussi, vu les exclusions constatées, au manque de vision à long terme des entreprises. En particulier, le faible taux de formation pour la deuxième partie de carrière des salariés comme des chômeurs, illustre bien cette absence de politique sur la durée.

On peut aussi se demander si la formation professionnelle fait vraiment partie de l’investissement des entreprises comme du capital revendicatif des représentants des salariés.