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Hospitalisation à temps partiel : le nombre de places en progression

samedi 5 janvier 2019

Le nombre de places en hospitalisation à temps partiel continue de progresser en France selon les premiers résultats de la statistique annuelle des établissements de santé 2017, éditée par la DREES, la direction de la recherche et de l’évaluation du ministère de la santé. Ces chiffres traduisent l’évolution de notre système de santé.

C’est quoi l’hospitalisation partielle ?

L’hospitalisation partielle concerne l’accueil de jour ou de nuit et les unités ayant des activités d’anesthésie, de chirurgie ambulatoire ou de médecine ambulatoire. Elle fait partie, avec l’hospitalisation à domicile (HAD), des alternatives à l’hospitalisation à temps complet. En général le séjour est inférieur à 24 h.
En 2017, La France compte 1 363 hôpitaux publics, 680 établissements privés à but non lucratif et 1 001 cliniques privées. Ces 3 044 établissements de santé offrent des capacités d’accueil en hospitalisation complète (400 000 lits) ou à temps partiel (75 000 places).

Questions de définition

Une petite précision de définition s’impose. Les capacités d’accueil des établissements de santé sont comptabilisées en nombre de lits (dont les berceaux et les couveuses agréés) pour l’hospitalisation complète et en nombre de places pour l’hospitalisation partielle (celui-ci est égal au nombre de patients pouvant être accueillis en même temps).

Le développement de l’hospitalisation partielle se reflète dans les chiffres. En effet si le nombre de lits poursuit sa baisse en 2017 (-1,1 %), le nombre de places reste lui dynamique (+1,0 %). La hausse du nombre de places est désormais plus forte en moyen séjour (+5,5 %) qu’en court séjour (+0,7 %).

Enfin, autre alternative à l’hospitalisation conventionnelle avec nuitée, l’hospitalisation à domicile représente une part encore modeste de l’offre de soins, mais elle progresse sensiblement chaque année. En 2017, ses capacités de prise en charge poursuivent leur augmentation (+7,1 %) et représentent 5,6 % de celles de l’hospitalisation complète en court et moyen séjour (hors psychiatrie), contre 2,6 % en 2006.

Une interférence nécessaire

Ces nouvelles pratiques reflètent en particulier les conséquences du vieillissement de la population et l’augmentation des maladies chroniques. Elles nécessitent une interférence entre l’hôpital, la médecine de ville et les soins à la maison. Elles devraient entrainer aussi un changement dans les pratiques et la formation des professionnels de santé : on ne soigne pas de la même manière dans et hors des établissements. Enfin ces pratiques bousculent l’organisation en silo, sans communication, de notre système de santé.

En effet le ministère gère l’hôpital, l’assurance maladie gère la médecine de ville et la prévention. Les nouvelles mesures du plan santé 2022 tiennent compte de ce décloisonnement nécessaire.

Le système de santé évolue et va encore évoluer

En conclusion, ces chiffres reflètent l’évolution du système de santé français sous l’effet des réorganisations et des restructurations qui ont supprimé des lits et des établissements mais aussi des évolutions technologiques et des modes de vie. En effet, depuis la seconde moitié des années 1980, des innovations en matière de technologies médicales et médicamenteuses, notamment en anesthésie et dans les techniques chirurgicales, ont transformé les modes de prise en charge.

De même pour certaines pathologies les patients préfèrent ne pas prolonger leur séjour hospitalier d’autant plus que des modes de prise en charge à distance ont été mis en place. Ils sont amenés à se développer encore davantage avec le développement programmé de la télé médecine.



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