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Inégalités entre les pays riches et pays pauvres de l’OCDE

dimanche 4 décembre 2011

En vingt ans, les inégalités ont augmenté dans la plupart des pays de l’OCDE

L’écart entre riches et pauvres s’est creusé et le nombre de personnes vivant en-dessous du seuil de pauvreté a augmenté au cours des deux dernières décennies. Davantage d’individus risquent d’être marginalisés dans une économie mondiale en constante mutation. L’évolution est assez générale, affectant les trois quarts des pays de l’OCDE. L’ampleur du changement est limitée mais significative (+7-8 %).

Les écarts de revenus

En moyenne dans l’OCDE, en 2005 les revenus des 10 % les plus riches sont en moyenne supérieurs de près de neuf fois aux revenus des 10% les plus pauvres.

Ecart entre les 10% les plus riches et les 10 % les plus pauvres Exemples
13 à 25 fois le revenu des plus pauvres Portugal, en Pologne, aux Etats-Unis, en Turquie, au Mexique.
9 fois Moyenne des pays OCDE
8 fois Australie, Allemagne.
6-7 fois Finlande,Tchéquie, Autriche, France, Pays-Bas, Norvège, Hongrie
5 fois Danemark, Suède

Les inégalités de revenu se sont nettement accentuées, au début des années 2000, en Allemagne, au Canada, aux États-Unis et en Norvège. Par contre, l’écart a eu tendance se réduire en Grèce, au Mexique, en Turquie et au Royaume-Uni dans les dix dernières années.

Les revenus des 10 % les plus pauvres, très bas pour la Turquie et le Mexique (autour de 1000 dollars), sont 8 fois supérieurs en Europe, mais seulement 6 fois aux Etats-Unis. En Suède leur revenu est une fois et demie celui des pauvres des Etats-Unis, alors que le revenu moyen y est supérieur.

La montée des inégalités s’explique généralement par le fait que les riches ont vu leurs revenus s’améliorer tant par rapport aux titulaires de bas revenus que par rapport aux titulaires de revenus moyens. D’autre part, les revenus tirés du capital et du travail indépendant sont très inégalement répartis, et les inégalités dans la répartition se sont encore accentuées. La répartition du patrimoine entre les ménages est beaucoup plus inégale que la répartition du revenu.

L’ampleur de la pauvreté en 2005

La moyenne de l’OCDE est à 10 % des ménages qui ont un revenu inférieur à la valeur médiane nationale. Avec des disparités considérables : 5% au Danemark, 20 % au Mexique. Parmi les plus faibles taux, la Suède, la République tchèque, l’Autriche, la Norvège, la France, la Hongrie, la Finlande, les Pays-Bas ; parmi les plus forts, Turquie, Etats-Unis, Japon, Irlande, Pologne, Espagne. L’Allemagne est à la moyenne.

Les personnes âgées sont beaucoup moins susceptibles d’être concernées par la pauvreté que dans le passé. Le phénomène de la pauvreté s’est nettement déplacé des pensionnés vers les jeunes adultes et les familles avec enfants, en particulier les familles monoparentales.

Travailler réduit la pauvreté : les familles sans emploi sont presque six fois plus souvent concernées par la pauvreté que les familles d’actifs. Il y a aujourd’hui un plus grand nombre de personnes dans l’emploi qu’il y a 10 ou 20 ans et cela a réduit l’effet de l’accentuation des inégalités.

Pourtant le travail seul ne suffit pas pour éviter la pauvreté  : plus de la moitié des personnes pauvres vivent dans un ménage où au moins une personne travaille. Au Japon et aux Etats-Unis qui avaient en 2005 un taux d’emploi élevé le taux de pauvreté était supérieur à la moyenne de l’OCDE. Les poches importantes de chômage parmi les personnes peu qualifiées et à faible niveau d’instruction sécrètent de la pauvreté.

Analysant les disparités entre pays sur la plus ou moins grande réduction des inégalités, l’OCDE, souligne le rôle de l’action des pouvoirs publics par des politiques de redistribution (systèmes fiscaux, prestations sociales) et par l’action des services publics.

La fiscalité sur le revenu et les prestations sociales réduisent l’inégalité en moyenne d’un tiers, la pauvreté de 60 %. Mais cet impact s’est réduit dans beaucoup de pays de l’OCDE au cours des dix dernières années. Les avantages que représentent les services fournis par la puissance publique –éducation, santé, logement, etc – font baisser d’un quart la mesure type des inégalités de revenu, car leur bénéfice est plus également réparti que les revenus.

Dernière réflexion : les pauvres dépensant une plus grande partie de leurs revenus alors que les riches en épargnent une partie, les impôts indirects (sur les biens et services) accentuent les inégalités.

Les sociétés où les inégalités de revenu sont particulièrement marquées sont aussi celles où il y a le moins de mobilité de situation d’une génération à l’autre : dans ces sociétés, les rémunérations des fils sont proches de celles des pères. Une plus grande égalité des revenus va de pair avec une plus grande mobilité entre générations en termes de rémunérations.