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Innovations sociales participatives

dimanche 24 février 2013

Plusieurs ouvrages et de nombreuses enquêtes mettent en évidence une baisse du moral des Français, un accroissement de leur défiance à l’égard des institutions, un malaise qui se révèle par l’état de stress, la consommation d’anxiolytiques, le taux de suicides. Parmi les Européens, les Français sont au bas de l’échelle de la satisfaction durant les 10 dernières années, à égalité avec les Grecs. Les expériences qui suivent désignent un autre chemin que la résignation.

Un livre

Des coopératives rurales allemandes aux banques sociales japonaises en passant par le jardinage sur les toits new-yorkais ou la reprise par les habitants de Cochabamba, en Bolivie, du réseau de distribution de l’eau. Des citoyens ordinaires plantent des jardins dans les usines abandonnées de Denver, reprennent en coopératives des entreprises argentines menacées par la crise, ou font jaillir l’eau dans les régions désertiques d’Inde ou du Burkina Faso.

Le livre de Bénédicte Manier présente ces « Millions de révolutions tranquilles », en mettant l’accent sur les succès dont la société civile est capable, lorsque chacun-e participe à l’amélioration du quotidien de toutes et tous. Il permet une vision globale de ces expériences, qui forment une sorte de mondialisation modeste et ambitieuse.

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De son côté, le Centre d’analyses stratégiques a fait le tour de multiples innovations dans différents domaines. Nous en donnons quelques exemples, prises parmi les 500 décrites dans le rapport.
 :: : télécharger le rapport sur le site du gouvernement

Au Canada, certains s’intéressent aux effets des programmes de participation à des activités bénévoles mis en place par plusieurs provinces pour les étudiants des lycées. Pour obtenir leur diplôme, ils doivent en effet justifier de leur implication, pour un nombre minimum d’heures, dans des activités bénévoles. Dans certaines provinces, la participation n’est pas obligatoire mais peut être créditée. Alors que certaines associations étudiantes qualifient ces initiatives de « travail forcé », des recherches en sciences sociales tendent à démontrer les effets positifs de ces initiatives : tendance accrue à voter aux élections, amélioration des résultats scolaires, recul des comportements antisociaux, etc.

Au Royaume-Uni, Sony a lancé une application smartphone qui permet à toute personne désireuse de s’investir bénévolement de trouver des occasions de le faire à proximité de chez elle. L’application « +U » a été développée par Open Planet Ideas, une plateforme créée par Sony pour promouvoir l’utilisation des nouvelles technologies au service du bien commun. Le réseau YouthNet, qui recense de nombreuses opportunités de bénévolat, collabore au projet. YouthNet travaille à mobiliser d’autres réseaux d’associations à vocation sociale afin d’élargir la palette d’opportunités offertes aux détenteurs de téléphones mobiles.

Le site web « StreetPage.be » est officiellement lancé en Belgique, après une période test de deux ans. L’idée est de permettre à des habitants d’une même rue ou d’un même quartier de mieux se connaître, de s’entraider et de partager diverses informations.

C’est la crise : le gouvernement italien se lance dans une quête aux bonnes idées. Engagé dans un effort de réduction des dépenses publiques, il met à « contribution le contribuable ». Il ne s’agit pas ici d’augmenter les impôts mais de s’inspirer des suggestions des Italiens. Sur le site du gouvernement, les citoyens peuvent ainsi désormais signaler les dépenses qu’ils considèrent comme des « gaspillages » d’argent public. Les témoignages étaient reçus jusqu’au 31 mai 2012. 40 000 messages sont arrivés le jour même de la diffusion du formulaire à remplir.


Notes :

[1Un million de révolutions tranquilles.
Bénédicte Manier. Editions Les Liens qui Libèrent