Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Société > Education > Insertion professionnelle plus difficile pour les sortants de l’enseignement (...)

Insertion professionnelle plus difficile pour les sortants de l’enseignement supérieur

mercredi 8 octobre 2014

Pour les sortants diplômés 2010 de l’enseignement supérieur, 3 ans après, la hausse du chômage atteint 13% malgré l’élévation du niveau de formation ; et la part des sortants non diplômés est toujours aussi importante.

C’est le résultat général de l’enquête Génération 2010 du CEREQ portant sur les sortants du Supérieur en 2010 interrogés après 3 ans de vie active, enquête auprès de 33 500 jeunes représentatifs des 708 000 sortis pour la première fois du système éducatif.

L’enquête met en évidence que les sortants (3% de plus d’en 2004) sont plus diplômés que ceux de 2004, notamment en raison des conséquences de la réforme LMD (licence, master, doctorat) avec élévation du niveau général. Ceci inclut une part des sorties plus grande en L3 (licence, bac + 3) particulièrement licences professionnelles, au détriment des Bac +2 (DUT, BTS), et du M2 (master, bac + 5) avec de plus fortes sorties alors que les sorties du M1 (1ère année de master, bac + 4) se sont affaiblies. Le poids des filières courtes est en recul de 3 points par rapport à 2004. Mais l’élévation du niveau n’a pas facilité davantage leur insertion, mis à part pour les ingénieurs, docteurs et les diplômés de Bac + 2 et Bac + 3 en santé-social qui tirent leur épingle du jeu.

La part des non diplômés persiste et reste supérieure à 20 %, renforçant la tendance aux difficultés d’insertion de cette population pour laquelle le chômage, de 16% pour la génération 2004, est passé en 2010 à 25%. À noter, pour ceux déclarant un emploi, la part de l’emploi à durée indéterminée diminue, mais en même temps l’avantage comparatif par rapport aux sortants non diplômés de la voie générale demeure. D’autre part, 1 non diplômé sur 2 dans la voie générale, et 1 sur 3 dans la voie professionnelle ont repris les études et suivi une formation depuis leur première sortie du système éducatif.

La crise impacte les salaires et le taux de chômage. En effet, pour ceux ayant une activité, si la part des emplois occupés à durée indéterminée se maintient de l’ordre de 73% ainsi que la part des emplois de cadre ou profession intermédiaire, la rémunération mensuelle nette de 1 620 euros baisse en valeur nominale de 30 euros par rapport à celle des sortants de 2004. Et le taux de chômage atteint un niveau plus élevé de 4 points que ceux de 2004, pour s’établir à 13 %.

Moins d’étudiants dans les filières courtes (Bac + 2 et Bac + 3) mais plus de diplômés et progression forte des effectifs de licenciés professionnels en raison de la poursuite des études des BTS et DUT plus concentrées dans les sciences de l’ingénieur et la gestion. En matière d’insertion, les emplois obtenus à l’issue de la licence professionnelle sont plus rémunérateurs que pour les BTS et DUT, mais le chômage touche davantage les diplômés de ces filières (+ 6 points BTS DUT, + 5 points Licence professionnelle, par rapport à 2004). C’est l’apprentissage, pour 23% des BTS DUT et 31% des licenciés professionnels, qui permet de conserver de meilleures conditions d’insertion : moins de chômage (par ailleurs stable par rapport à 2004), plus de rémunération, un salaire net médian plus élevé, quel que soit le diplôme.

La part des diplômés Bac +5 et plus représente un tiers des sortants du supérieur. Celle des masters a progressé de 13% à 19 %. Mais pour ces derniers le taux de chômage progresse de 6 % (en 2004) à 12 % (plus élevé, de l’ordre de 15% à 18 %, en gestion, arts, lettres et langues) et ils connaissent une baisse des salaires. Par contre en droit et économie, le taux de chômage est à 9 %, performance comparable avec les écoles de commerce, les sciences de l’ingénieur à 8% (3,5 % écoles d’ingénieurs) ; et ces spécialités offrent 500 euros de plus de médiane de rémunération que les spécialités les moins rémunératrices (arts, lettres et langues, sciences humaines).

Plus le niveau est élevé, plus la chance de trouver un emploi s’améliore mais le LMD, qui a tiré vers le haut le niveau avec le master 2, n’a pas permis de réduire les disparités d’insertion entre disciplines ; et on constate aussi que l’insertion est toujours problématique, et ce dans le cadre de la crise et des capacités d’absorption du marché du travail.


Source Bref septembre 2014, CEREQ :
http://www.cereq.fr/...