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L’aide à la dépendance des personnes âgées : une dépense croissante

mercredi 27 novembre 2013

En 2012, 1,228 million de plus de 65 ans sont bénéficiaires de l’allocation personnalisée à l’autonomie (APA) : 735 000 à domicile, 493 000 en établissement. Cela représente environ 8 % des plus de 60 ans.

Le coût de l’APA est de plus de 5 milliards d’euros, pesant de plus en plus (64 %) sur les départements. 51 % des places pour personnes âgées dépendantes sont dans des établissements publics, 28 % des établissements privés à but non lucratif et 18 % dans des établissements privés à but lucratif.

Mais ce n’est qu’une part du coût de la prise en charge de la dépendance qui était évaluée en 2011 à 34 milliards quand on intègre le coût des soins médicaux (15 milliards pour la Sécurité sociale, dont 1,2 pour les maladies d’Alzheimer et autres démences) et de l’hébergement des personnes dépendantes. Sans oublier les 4,3 millions de personnes (18 % des plus de 40 ans) qui aident un proche dépendant (cf. http://clesdusocial.com/aidants-familiaux-l-assistance-des-entreprises).

Les dépenses publiques correspondent à 24 milliards (soit 1,22 point de PIB et 68 % du financement) et les dépenses privées sont estimées à 10 milliards (revenus des personnes concernées, aide des proches, utilisation du patrimoine).

Or le vieillissement de la population dans les 20 ans à venir et l’accroissement du nombre des plus de 80 ans - ils passeront de 1,5 million à 6,5 millions en 2035 - lié aux générations nombreuses du « baby boom » sont inéluctables. On prévoit donc le doublement du nombre de bénéficiaires des aides à l’autonomie. D’où l’importance des actions de prévention, comme celles de l’adaptation de l’habitat et de l’environnement urbain pour accompagner cette évolution. D’où surtout des besoins financiers en forte hausse. Davantage encore, si la revalorisation de l’APA suivait l’évolution du coût des services, c’est-à-dire l’évolution des salaires, au lieu d’être liée à la seule inflation.

Où trouver le financement des dépenses publiques supplémentaires en l’étalant sur les prochaines années ? Aligner le taux de CSG des retraités sur celui des actifs ? Augmenter la CSG d’1 point (ce qui rapporterait plus de 10 milliards d’euros) en l’étalant dans le temps ? Rendre la CSG proportionnelle aux revenus ? Créer une nouvelle journée de solidarité ? Supprimer l’abattement fiscal dont bénéficient les retraites ? Imposer dès 50 ans une cotisation obligatoire d’assurance-dépendance ? Autant d’hypothèses évoquées. Espérons que, dans l’état des finances publiques et de la fiscalité, des décisions, annoncées pour 2014, seront effectives.

Avec, pour incidence positive, le développement des emplois (infirmier, aide-soignant, aide à domicile) estimés à 350 000 dans les dix prochaines années, métiers qui doivent être valorisés et mieux rémunérés pour attirer des candidats.