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L’extrême pauvreté recule dans le monde

mercredi 14 août 2019

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur les perspectives économiques mondiales, le nombre de pays pauvres a été divisé par deux en près de vingt ans. Il y aurait aujourd’hui 34 pays classés dans la catégorie « pays à faible revenu » contre 64 en 2001. Cette catégorie fait référence aux pays où le revenu national brut par habitant est inférieur à 995 dollars. Parmi les pays qui ne sont plus considérés comme extrêmement pauvres figurent la Côte d’Ivoire, le Mozambique, l’Arménie ou l’Azerbaïdjan.

Qu’est-ce qu’un pays pauvre ? Ce sont les pays dont les habitants n’ont pas d’argent pour avoir de l’eau potable, de la nourriture, des maisons, des chaussures. Sur les 50 pays classés les plus pauvres du monde, 33 sont situés en Afrique sub-Saharienne en 2012.

La Banque mondiale explique : « La croissance rapide des pays à faible revenu entre 2001 et 2018 a permis à beaucoup d’entre eux de passer au statut de ’pays à revenu intermédiaire’, grâce à la flambée des prix des matières premières d’avant la crise, (...) à un investissement accru dans le capital humain et physique, à des cadres politiques économiques améliorés et au redressement après les récessions profondes qui ont marqué les économies en transition dans les années 90 ».

L’extrême pauvreté dans le monde a reculé à un niveau sans précédent (moins 36 % depuis 1990, moins 10 % depuis 2015), mais les taux de pauvreté restent élevés dans les pays à faible revenu, dans ceux touchés par des conflits et en Afrique subsaharienne.

Entre 2010 et 2015, certaines régions du monde ont progressé, d’autres ont vu leurs revenus reculer. En progrès : Amérique latine et Caraïbes, Asie de l’Est et Pacifique, Asie du Sud. En déclin : Europe et Asie centrale, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Afrique Subsaharienne.

En 2015, le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté en Afrique subsaharienne était supérieur à celui du reste du monde.

Afrique subsaharienne : 413,3 millions de pauvres. Un tiers des pays de la région ont connu une croissance négative des revenus des 40 % de population les plus pauvres. Région abritant le plus grand nombre de personnes en situation d’extrême pauvreté, l’Afrique a vu sa population presque multipliée par deux entre 1990 et 2015. L’une des plus importantes augmentations a été enregistrée dans la population vivant avec moins de 3,20 dollars mais plus de 1,90 dollar par jour. Les pauvres ont souffert de multiples privations, notamment de niveaux de consommation faibles et d’un manque d’accès à des services d’éducation et des services d’infrastructures de base. En 2030, l’Afrique subsaharienne risque d’abriter 90 % des personnes dans le monde vivant dans l’extrême pauvreté.

Asie du Sud : 216,4 millions de pauvres. Les revenus des 40 % les plus pauvres ont fortement progressé dans la région entre 2010 et 2015. Malgré une baisse de 35 points de pourcentage de l’extrême pauvreté entre 1990 et 2015, la région a enregistré seulement 8 % de diminution de la population ayant moins de 3,20 dollars par jour pour vivre, et plus de 80 % de la population vit encore en dessous du seuil de 5,50 dollars par jour. De plus, le nombre d’habitants de la région vivant dans des ménages sans accès à l’électricité ni sanitaires convenables était bien plus élevé que celui des personnes en situation de pauvreté monétaire.

Asie de l’Est et Pacifique : 47,2 millions de pauvres. La région est l’une de celles qui affichent les meilleurs résultats sur le plan du partage de la prospérité : les revenus des 40 % de population les plus pauvres ont progressé en moyenne de 4,7 % entre 2010 et 2015. L’Asie de l’Est a enregistré les plus fortes baisses non seulement de l’extrême pauvreté, mais aussi du pourcentage de population ayant moins de 3,20 dollars et 5,50 dollars par jour pour vivre. Bien que le taux d’extrême pauvreté soit très bas, la région a vu augmenter le pourcentage de personnes n’ayant pas accès à des sanitaires.

Amérique latine et Caraïbes : 25,9 millions de pauvres. Entre 2010 et 2015, le partage de la prospérité dans cette région a été moins important que les années précédentes, ses économies ayant été touchées par un ralentissement des cours mondiaux des produits de base. En 2015, la région avait près de 11 % de sa population vivant avec moins de 3,20 dollars par jour, et plus de 26 % avec moins de 5,50 dollars par jour. La pauvreté sous ses dimensions non monétaires telles que le manque d’accès à de l’eau potable, à des installations sanitaires ou à l’électricité a été beaucoup moins associée aux aspects monétaires.

Moyen-Orient et Afrique du Nord : 18,6 millions de pauvres. Bien que le nombre d’habitants ayant moins de 1,90 dollar par jour pour vivre ait augmenté dans la région, les niveaux d’extrême pauvreté sont restés bas. Mais elle comptait davantage de personnes vivant avec moins de 5,50 dollars par jour en 2015 qu’en 1990. En outre, près d’un habitant sur sept ne dispose pas de sanitaires convenables.

Europe et Asie centrale : 7,1 millions de pauvres. Beaucoup de pays de la région ont connu des revers en termes de croissance des revenus des 40 % les plus pauvres. D’un autre côté, plusieurs économies victimes de fortes baisses dans ce domaine à cause des crises financières et de la dette étaient en pleine reprise (les États baltes par exemple). Parmi les régions en développement, l’Europe et Asie centrale est celle où le pourcentage de population en dessous des seuils de pauvreté de 3,20 dollars et 5,50 dollars a été le plus faible. Cependant, elle fait moins bien que les régions Asie de l’Est et Pacifique ou Amérique latine et Caraïbes pour le taux de scolarisation.

Bien que les taux d’extrême pauvreté aient chuté, la pauvreté est toujours là : 46 % de la population mondiale vit avec moins de 5,5 dollars par jour, 25 % vit avec moins de 3,20 dollars par jour et 10 % vit avec moins de 1,90 dollar par jour.

En 2015, « le seuil de pauvreté sociétale » concerne 2,1 milliards de personnes. La pauvreté est un état relatif par rapport à la société dans laquelle on vit. Dans un pays pauvre, il suffira de pouvoir s’alimenter et se vêtir pour pouvoir travailler. Dans un pays plus riche, il sera nécessaire de disposer d’un accès internet, d’un téléphone portable et d’un véhicule.

La pauvreté n’est pas qu’une question d’argent mais aussi de bien-être (accès à l’eau, à l’électricité, aux installations sanitaires, à l’éducation…).Pour dresser un tableau complet de la pauvreté, il faut aussi tenir compte de la répartition des ressources à l’intérieur des familles. Les femmes et les enfants sont davantage touchés par la pauvreté.

Pour faire reculer la pauvreté nous devons la mesurer sous toutes ses formes et en tous lieux dans tous les pays et en fonction des multiples aspects de l’existence pour tous les membres de chaque ménage.


Références


 

 

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