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La garantie pour la jeunesse, regards croisés entre la France et l’Espagne

mercredi 15 avril 2015

[Partie 1]- LE DISPOSITIF EUROPÉEN

Une décision du conseil européen

Décidée par le Conseil Européen d’avril 2013 pour remédier au chômage des jeunes de moins de 25 ans et s’inspirant de dispositifs en place dans certains pays européens, la garantie pour la jeunesse a fait l’objet, en décembre 2013, d’une déclinaison dans chaque pays, sous la forme de plans nationaux qui ont chacun leurs spécificités.

Ce dispositif, qui vise à assurer aux jeunes concernés la garantie qu’ils vont trouver, dans les 4 mois qui suivent la fin de leurs études ou leur période de chômage, une offre d’emploi, une formation, ou un apprentissage, concerne les jeunes habitant dans les régions où le chômage dépasse 25 %. Elle est financée par une ligne budgétaire européenne spéciale qui se rajoute au FSE et par des fonds propres à chaque pays. Ce programme européen est doté au total de 8 milliards d’euros pour la période 2013-2020. La garantie a eu un écho différent dans les différents pays européens au regard de la hauteur du chômage des jeunes et de leurs problèmes d’insertion. L’année 2014 a été l’an 01 de sa mise en œuvre et a mis en évidence la difficulté et la lenteur des ingénieries budgétaires européennes face à des phénomènes d’urgence.

Focus : comment la France et l’Espagne ont-elles traité cette question ?

Les différences sont fortes entre les 2 pays et en premier lieu au regard du taux de chômage des jeunes.

  • En France, le taux de chômage des jeunes était de 23,4 % en mars 2014 (proche de la moyenne européenne de 22,8 %). Notre pays a choisi la voie de l’expérimentation pour la première année de mise en œuvre, 2014. Ce sont 10 000 jeunes qui furent concernés, la France fut le premier pays à lancer l’opération. Le bilan positif a amené le gouvernement à étendre le dispositif en 2015 à 62 nouveaux territoires et 50 000 Jeunes. Toutes les régions françaises ne sont pas éligibles, seuls certains territoires sont concernés.
  • En Espagne, le taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans s’élevait à 53 % en mars 2014. L’ensemble des 17 régions espagnoles sont éligibles à ce programme européen étant donné qu’elles comptabilisent toutes un taux de chômage des jeunes supérieur à 25 %. Mais la garantie pour la Jeunesse a peiné à se mettre en place en 2014 malgré l’urgence de la situation.
  1. D’une part, la grande diversité des acteurs impliqués (Ministère de l’Emploi, des Affaires Sociales, de l’Enseignement Supérieur, de l’Education Nationale, mais également les Ministères des Communautés Autonomes) requiert une grande coordination souvent difficile à mettre en œuvre, ce qui conduit à une multiplication des initiatives institutionnelles et sociales.
  2. D’autre part, au vu d’un chômage particulièrement élevé et d’une situation économique difficile, le gouvernement espagnol a fait état de sa difficulté à faire l’avance budgétaire de ce dispositif (qui impacte le déficit maastrichtien) et a exprimé le besoin d’accéder au financement plus rapidement. Malgré les différents rappels de Madrid, de sommet en sommet, ce point n’a pu être réglé qu’en février 2015. L’Espagne a perdu plus d’un an alors que la situation de ses jeunes est dramatique depuis plusieurs années.

2 approches différentes

La France et l’Espagne ont choisi deux approches très différentes pour construire leur système.

  • La France privilégie un encadrement par le biais des missions locales et prévoit une indemnisation.
  • L’Espagne attend du jeune qu’il s’inscrive lui-même et ensuite seulement il reçoit des propositions de stages, de formation et d’emploi. Celles-ci sont celles qui bénéficient de réductions de cotisation pour les employeurs mais ne sont pas réservées qu’aux jeunes. Il n’est pas prévu en Espagne d’indemnisation pour la période mobilisation-recherche.