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La montée en charge du PIC, le plan « compétences » destiné aux chômeurs

mercredi 16 janvier 2019

Le Plan d’investissement dans les compétences (PIC), piloté par le ministère du Travail, entre dans le vif du sujet avec les premières signatures des pactes pluriannuels avec les conseils régionaux. La région Bourgogne-Franche-Comté est la première à avoir signé avec l’État. 2 millions de personnes sont concernées au total, demandeurs d’emploi et jeunes. Des plans d’investissement dans les compétences : pour qui, pourquoi, comment ?

Répondre aux besoins urgents des demandeurs d’emploi et des jeunes
Le PIC a comme objectif de former en 5 ans 1 million de demandeurs d’emploi peu ou pas qualifiés et 1 million de jeunes éloignés du marché du travail. Le taux de chômage est plus élevé pour les personnes les moins qualifiées. Par exemple, le taux de qualification des jeunes (niveau inférieur au CEP / BEPC) en Quartier Prioritaire de la Ville (QPV) est moins élevé que dans l’ensemble du territoire, soit 20,4 % en QPV et 9,3 % pour le reste du territoire.

Le plan traduit la volonté du gouvernement de lutter contre le chômage de masse en misant sur les qualifications, de démontrer que tout n’est pas joué à la fin de la scolarité et de ne laisser personne au bord de la route. Pour la ministre du Travail, Muriel Penicaud, « Le Plan d’investissement dans les compétences est le plus grand investissement que notre pays ait jamais entrepris pour la formation des plus fragiles : inédit à la fois au regard des montants consacrés et de sa durée pluriannuelle ».

Parlons finances

Le PIC est doté de 15 milliards d’euros jusqu’à 2022, dont 13,8 milliards sous la responsabilité du ministère du Travail. Plus de la moitié de l’enveloppe doit être répartie région par région, au prorata de la part des populations ciblées qui y habitent. Le forfait moyen du parcours est fixé à 8 500€, au lieu de 3 000€ dans le cadre du Plan 500 000 formations supplémentaires du précédent gouvernement. Cela permet un changement de logique pour concevoir des parcours sur-mesure.

Faire face aux évolutions économiques et répondre aux besoins des métiers en tension

Avec le plan, il s’agit de mieux analyser les besoins de compétences pour mieux orienter les politiques de formation et les personnes et financer de nouveaux parcours de formation et d’accompagnement vers l’emploi durable. Mais la situation économique et sociale implique d’aller plus loin et de viser aussi la transformation des compétences, notamment celles liées à la transition écologique et à la transition numérique.

Une mise en œuvre en région

Les PIC sont signés pour la période 2019 à 2022. Ils visent à agir au plus près des territoires et des besoins, avec tous les acteurs concernés et en premier lieu les Conseils régionaux. Des réponses adaptées aux besoins du territoire, actifs et entreprises. Il s’agit de mutualiser les efforts pour être plus efficaces mais aussi d’innover et de transformer par l’expérimentation. C’est pour cela que chacun des plans sera différent et s’adaptera aux différentes réalités. Pour ce PIC, notre pays a choisi de à se libérer de son tropisme centralisateur.

Enfin les pactes seront évolutifs, les projets ne seront pas figés et pourront s’adapter aux besoins pendant toute la durée 2019-2022. Un Comité scientifique national est créé et permettra d’évaluer le dispositif en permanence.

La première à signer avec l’État, la Bourgogne-Franche-Comté

Première région à s’engager, la Région a signé son pacte en décembre. Il est doté par l’État d’un peu plus de 250 millions d’euros. Pour sa présidente (PS), Marie-Guite Dufay « C’est un changement de nature considérable par rapport à ce qui se faisait jusque-là ». Dans le cas de Bourgogne-Franche-Comté, les 251 millions d’euros s’étaleront d’ici à 2022 et s’ajouteront aux 333 millions que la Région s’est engagée, en retour, à mettre de sa poche, toujours sur la période. C’était une des conditions non négociables posées par le gouvernement. L’argent financera près de 30 000 formations supplémentaires et cible 108 436 personnes dont le niveau est inférieur au bac.

Mais c’est aussi un changement de pratique puisque la Région a ainsi décidé de mettre sur pied des dispositifs en vue d’agir en amont des formations qualifiantes. Ils doivent permettre aux personnes concernées de suivre un parcours « adapté et individualisé » contenant des formations de base, un travail sur la valorisation de leur image ou encore des mises en situation professionnelle pour tester les métiers.

Un autre exemple, le plan de la région Grand-Est

La Région Grand Est avait approuvé, le 29 mars 2018, son Plan pluriannuel. Il est doté d’une enveloppe de 57 millions d’euros côté Région. Le Conseil régional a ciblé des formations permettant aux demandeurs d’emploi de s’engager dans des parcours répondant aux évolutions de l’économie régionale. Le plan structuré autour de 4 axes a été construit avec Pôle Emploi, il comprend :

  • Des formations de remise à niveau : 1 700 places ;
  • Des formations préparant à l’alternance : 1 050 places sont prévues, préparatoires à l’entrée en alternance, notamment en apprentissage, en France ou en Allemagne ;
  • Des formations visant des secteurs porteurs d’emploi : 8 826 places sont prévues dans les domaines d’activité tels que le numérique, le très haut débit, le commerce, l’industrie, l’hôtellerie/restauration/tourisme, les services à la personne, l’agriculture, la viticulture, le transport/logistique, le sport, l’animation, l’artisanat…
  • Des formations à destination de l’emploi transfrontalier : 1 100 places sont prévues pour des actions de professionnalisation ou de qualification en réponse aux besoins de recrutement des entreprises allemandes, luxembourgeoises et belges ainsi que des actions linguistiques (allemand, luxembourgeois, anglais).

Certains font de la résistance

Onze des treize régions métropolitaines se sont engagées ou sont en cours de signature des plans, hormis Auvergne-Rhône-Alpes, qui refuse de s’engager sur le socle imposé, et Paca, qui n’a pas encore tranché. Toutes les régions ultramarines seront aussi dans le mouvement d’ici la fin janvier.

Affaire à suivre à travers le Comité scientifique national.

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