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La propriété réduit la mobilité

mercredi 30 octobre 2013

C’est le constat que fait la direction du Trésor dans sa lettre Trésor-éco de septembre 2013. Car la mobilité coûte plus cher aux propriétaires qu’aux locataires. Cependant, à l’intérieur de chaque catégorie, des différences existent, de même que dans le rapport au marché du travail.

En fait, les propriétaires et les locataires du parc social sont les moins mobiles.

Pour les premiers, les coûts d’une transaction immobilière sont élevés, beaucoup plus en France qu’aux USA ou au Royaume-Uni. Or, en France, 58 % des foyers sont propriétaires (Union européenne : 65 % en moyenne) dont 2/3 ont fini de rembourser leur crédit. Avoir son logement depuis longtemps crée un attachement. Et la spéculation immobilière a beaucoup fait évoluer les rapports de prix de l’immobilier d’une ville à l’autre, rendant souvent les changements de propriété inaccessibles, ou difficiles. De plus, plus âgés, ils sont professionnellement moins mobiles et craignent plus un déclassement professionnel.

Pour les locataires du parc social (18 % des ménages), c’est la crainte de perdre un logement de ce type qui les retient.
Les locataires du parc privé (24 % des ménages) sont les plus mobiles, même si la mobilité a un coût (déménagement) et même si un déménagement leur fait risquer une hausse de loyer.

L’étude constate un autre phénomène : la probabilité de connaître le chômage est plus faible pour les propriétaires mais, s’ils le connaissent, leur chômage est plus long (14,3 mois), surtout pour ceux qui ont fini de payer leurs emprunts.

La durée du chômage est plus courte pour les propriétaires accédants, ayant encore des emprunts (10,5 mois) : ils ont des charges financières sur les épaules, ils doivent retrouver un emploi au plus vite. Plus courte aussi, mais dans une moindre mesure, pour les locataires du parc privé (13,2 mois).

Alors que les locataires du parc social ont un risque plus fréquent, une longue durée de chômage (15,7 mois) et connaissent des sorties de chômage plus longues sur le marché non local. Les raisons sociales de ces inégalités sautent aux yeux, les locataires du parc social le démontrent encore une fois.


Messages

  • Merci pour tous vos articles et la réflexion qu’ils amènent.

    Bien évidemment, lorsqu’on est propriétaire, on réfléchit à 2 fois avant d’accepter une mobilité : surtout lorsqu’on est en couple, on ne va pas accepter un changement géographique si le conjoint n’a pas de point de chute. Si on est 2 à être au chômage et qu’il y ait une chance que l’un des 2 puisse obtenir un emploi ailleurs, la solution sera le déménagement, qu’on soit propriétaire ou locataire. La grande différence pour accepter la mobilité se situe au niveau de l’emploi : si on est dans une entreprise avec la bonne convention collective et le bon accompagnement social, le choix de la mobilité se fera plus facilement, justement parce qu’il y a participation de l’entreprise aux frais de recherche de logement, d’agence et parfois de notaire. Parce qu’il y a aussi le 1 % Logement, et là ça change tout ! Lorsqu’on est rémunéré avec un salaire au SMIC ou approchant, et qu’on travaille dans une boîte qui ferme et vous propose une délocalisation pour le même salaire et bien plus souvent même inférieur, avec des accompagnements financiers et sociaux restreints, sans garantie de travail pour le conjoint qui se trouve dans la même échelle de salaire, pourquoi voulez-vous que le foyer quitte sa région, sa famille et s’expatrie dans une région qu’il ne connaît peut-être pas ? Et de plus sans la garantie d’une vie meilleure ?

    Bonne journée et bon week-end.