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La protection sociale en France : un bon amortisseur social …mais très coûteux

samedi 14 mars 2015

Les comptes de la protection sociale en France sont impressionnants. Notre pays consacre à la protection sociale de ses habitants 695 milliards d’euros en 2012, soit 31,2% du PIB.

Les dépenses de protection sociale assurent la couverture de très nombreux risques

Par son niveau des dépenses de protection sociale la France se situe au deuxième rang des pays européens juste derrière le Danemark.

C’est un bon point, mais Il y a longtemps cependant que les clignotants sont allumés sur le risque que fait courir à terme l’importance de cet effort de protection sur l’équilibre économique de notre pays. En effet tout tend, et en particulier le vieillissement de la population, à accroître les dépenses de protection sociale et donc à creuser les déficits des régimes. C’est le cas en particulier du chômage, de la maladie et des retraites (de base et complémentaires).

  1. Les dépenses actuelles en milliards d’euros :
    1. Vieillesse 261,5 (12.6% du PIB)
    2. Maladie 176,6 (8,5% du PIB)
    3. Famille 47,9
    4. Chômage 39,75
    5. Survie 36,8
    6. Invalidité 35,6
    7. Logement 17
    8. Pauvreté-exclusion 15,7
    9. Maternité 7,8

La problématique est d’autant plus compliquée que notre système joue bien son rôle d’amortisseur de crise et de redistribution et qu’il est donc d’autant plus difficile de ne pas le défendre.

D’autre part, des efforts ont été courageusement engagés pour la maîtrise des dépenses, ce qui n’est pas sans effet, mais ils risquent de vite se montrer insuffisants.

La pérennité de notre système est certainement un des enjeux sociaux majeurs de notre société, auquel les pouvoirs publics et les partenaires sociaux ont à faire face. Avec en arrière-plan la question du contrat de générations et le risque de voir sacrifier les générations des plus jeunes au profit des plus anciens.

  1. Quelques données pour la réflexion.
    1. La France apparait comme le pays européen dans lequel les inégalités de revenus ont le moins progressé depuis le milieu des années 80, même si ces inégalités ont tendance à croître un peu depuis 2008. La protection sociale a joué comme un bon amortisseur.

    2. L’effet redistributif des prestations sociales est assez efficient puisque notre pays est au-dessus de la moyenne européenne pour leur impact sur le recul du taux de pauvreté (plus de 10 points de réduction du taux qui passe de 24,2% avant redistribution à 13,7% après).
    3. Des efforts de maîtrise des dépenses de protection sociale ont été engagés non sans résultats.
      Ainsi la progression des dépenses de santé a été freinée depuis 10 ans sous l’effet des réformes de l’assurance maladie et la maîtrise des coûts hospitaliers.
      De même les réformes des retraites ont permis de ralentir la croissance des effectifs retraités et donc les dépenses de pensions.
    4. Mais on sait que ces efforts sont structurellement insuffisants. La nécessité de nouvelles réformes est une évidence. L’enjeu actuel du sauvetage des retraites complémentaires en est une illustration. Les Français dans leur grande majorité sont au clair là-dessus. C’est une assurance d’acceptabilité possible des efforts, mais cela ne donne pas les solutions…
  1. Plusieurs sujets sont sur la table, et notamment :
    1. Celui de l’équilibre entre les sources contributives : La France assure le financement de sa protection sociale par un pourcentage de cotisations supérieur à la moyenne européenne (64% contre 54%). Jusqu’où cela peut-il perdurer sans obérer le coût du travail et donc la compétitivité des entreprises ? II faut donc envisager une contribution supérieure par la fiscalité (CSG notamment) qui, notamment, permet d’élargir l’assiette contributive. Mais jusqu’où peut-on augmenter la pression fiscale qui est jugée d’ores et déjà trop élevée ?
    2. Celui de la mise en cause de certains fondements du système : La question, liée à ce qui vient d’être rappelé sur la difficulté d’accroître le poids des prélèvements, est notamment celle de la mise en cause du principe d’universalité des prestations …Pourra-t-on longtemps ne pas augmenter fortement des conditions de ressources pour la perception de certaines prestations, voire exiger une contribution plus élevée des hauts revenus à leur propre protection sociale ?

De redoutables questions en particulier pour les syndicalistes cogestionnaires de nombreux régimes sociaux…


Messages

  • Excellent article très clair et synthétique, pose bien les deux enjeux essentiels de la période, jamais traités à fond : Sources contributives, universalité des prestations, mais...deux approches "hyper-sensibles" .. Personnellement, concernant les remboursements maladie, moi qui suis à 100%, j’accepterais volontiers, compte tenu de mon niveau de ressources, de renoncer à ce bénéfice pour les frais pharmaceutiques..Serait intéressant de sonder la population sur ce qu’elle est prête à accepter pour sauver notre système de PS auquel tout le monde est attaché et conscient qu’il est en danger
    Michel