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Le congrès de 1964 et la CFDT

mardi 4 avril 2006

Cette présentation succincte a pour modeste objectif de dessiner les éléments de cadrage d’un événement qui remonte à quarante ans : la transformation de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens en Confédération Française Démocratique du Travail. Se les remettre en mémoire, c’est aider les anciens militants et responsables présents à ce colloque à y situer leur témoignage éventuel. C’est aussi mieux comprendre la CFDT d’aujourd’hui, qui demeure marquée par sa propre histoire, aussi loin remonte-t-elle, et quelle que soit l’importance des autres évolutions qu’elle a pu connaître depuis.

- I - Sur la CFTC des années 1960
La CFTC est alors en plein développement : elle a presque doublé de volume en une quinzaine d’années, rassemblant autour de 500 000 adhérents , alors que la CGT dans le même temps perdait la moitié de ses membres, mais représentait encore trois fois la CFTC d’alors.

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Le congrès de 1964 et la CFDT

Ce dynamisme est essentiel à relever pour comprendre que la CFTC d’hier, comme la CFDT d’aujourd’hui, est d’abord une réalité sociale mouvante, hétérogène, constituée d’hommes et de femmes, issues d’expériences professionnelles et sociales diverses depuis la Libération, en couches générationnelles superposées et mélangées : les itinéraires militants ne sont pas tout d’une pièce, ils sont des moments de vie plus ou moins denses, des références acquises, comme des pages qui se tournent aussi. Que sont ces militants et adhérents CFTC en 1960 ? Il y a bien sûr tous ceux et celles qui se retrouvent après la seconde guerre mondiale, issus d’un catholicisme social, dans le Nord certes, mais pas seulement, qui brandissent leur référence chrétienne comme un drapeau et qui s’appuient encore sur l’encadrement paroissial. On a aussi souligné avec raison le rôle des mouvements d’action catholique, en particulier de la JOC et de l’ACO. Encore faut-il souligner les comportements diversifiés des militants qui en étaient issus, selon les rapports qu’ils entretenaient avec la religion certes, mais aussi et surtout avec les cultures professionnelles et régionales. Parmi les métallos, le nordiste Eugène Descamps a bien des différences de sensibilité avec les Nantais, qu’il s’agisse de Gilbert Declercq ou de Pierre Evain qui dans son « Nous étions des coques » , témoigne et réfléchit sur sa vie de militant avec finesse et profondeur. N’oublions pas non plus que les futurs CFTC maintenus ont, eux aussi, été marqués par les mouvements d’action catholique. Comme quoi, les moules de formation peuvent donner des résultats variables.
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