Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Environnement économique > Economie > Le lien entre finance et croissance

Le lien entre finance et croissance

jeudi 24 janvier 2013

Étude de l’impact de la taille et de la croissance du système financier sur la croissance dans les économies développées et émergentes.

La théorie économique affirme que la finance est bonne pour l’économie. Deux économistes de la Banque des règlements internationaux (BIS en anglais) ont étudié l’impact de la taille et de la croissance du système financier sur la croissance dans les économies développées et émergentes. Leurs conclusions, équations de mathématiques financières et graphiques à l’appui, sont détonantes.

Pour eux, lors du développement économique d’une économie, l’essor du secteur de la finance a une action positive sur ce développement. Cela réduit les coûts de transaction, permet le développement de l’investissement direct, en même temps que l’essor de la distribution du capital risque dans l’économie.
Mais ils découvrent que cet effet arrive à un point maximum, au-delà duquel, dans les économies qui ont dépassé ce stade, le développement du secteur financier et du crédit est associé avec une croissance ralentie.

Leur première conclusion est donc que l’effet de la taille du secteur financier fonctionne comme un U inversé sur la croissance. Au-delà du point haut de ce U à l’envers, l’élargissement du système financier peut réduire la croissance.
Le deuxième résultat provient de leur étude de l’impact de la croissance du secteur financier, croissance de l’emploi financier et de la valeur ajoutée, sur la croissance réelle de la productivité dans 50 économies développées et émergentes. Leur conclusion est sans ambiguïté : une plus grande croissance de la finance est mauvaise pour la croissance globale réelle. Car son développement tire sur les ressources essentielles et entre en compétition avec le reste de l’économie en besoin de capitaux, d’équipements spécifiques et de salariés hautement qualifiés.
Ils découvrent ainsi des seuils de taille du secteur financier dans l’économie et l’emploi. Ainsi :

  1. lorsque l’ensemble des crédits privés dépassent le PIB d’un pays,
  2. ou lorsque l’emploi du secteur y dépasse 3,5 % des emplois d’un pays,

le secteur financier devient un poids et un coût pour l’économie et sa croissance.

Finalement, après l’essor financier depuis les années 80, la récente expérience de la crise financière et économique est pour eux un argument supplémentaire pour demander que la relation entre la finance et la croissance réelle dans les systèmes économiques modernes soit complètement réévaluée.

Le crédit privé dans quelques économies (2009)
Pays% du PIB
États Unis + de 200 % du PIB
Danemark 200 % du PIB
Royaume-Uni 180 % du PIB
Portugal 160 % du PIB
Nouvelle-Zélande 150 % du PIB
Thaïlande 150 % du PIB
L’emploi financier dans quelques économies (2009)
Pays%
Canada 5,5
Suisse 5,1
Irlande 4,6
États Unis 4,2
Espagne 4,1
Le poids des banques dans le PIB de quelques pays 2008
Pays%
Royaume Uni 6,6
France 4,8
Allemagne 4,2

source Insee


PS :

Source : Réévaluer l’impact de la finance sur le croissance, Stephen G. Cecchetti et Enisse Kharroubi, BIS Working Papers, juillet 2012
http://www.bis.org/publ/work381.pdf