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Le rétablissement de l’allocation équivalent retraite

mercredi 13 mars 2013

Le Premier ministre a annoncé le rétablissement « à titre dérogatoire », par une prestation d’un même montant, de l’allocation équivalent retraite (AER), qui permet à des chômeurs âgés de faire la jonction entre la fin du chômage et la retraite.

Créée en 2002, cette allocation équivalent retraite permettait aux chômeurs âgés, ayant assez cotisé pour avoir droit à une retraite à taux plein sans avoir atteint l’âge d’en profiter, de patienter jusqu’à l’âge légal en recevant 33 € par jour, soit un peu plus de 1 000 € par mois. Son coût était alors de 500 millions d’euros par an.
Dans le cadre de la réforme des retraites, l’AER avait été supprimée en 2011, faisant basculer des milliers des chômeurs âgés en fin de droits dans les minima sociaux. Elle fut partiellement rétablie sous la forme de l’Allocation transitoire de solidarité (ATS), aux conditions si restrictives qu’elle ne bénéficiait qu’à 555 personnes en juillet 2012.

Depuis, les syndicats n’avaient donc de cesse de demander le rétablissement total de l’AER. Hypothèse que le ministre du travail Michel Sapin avait repoussée en octobre dernier. Le gouvernement semble donc avoir changé d’avis devant la progression du chômage.

Selon le nouveau dispositif qui s’éteindra début 2015, seront concernés les chômeurs nés en 1952 et 1953, et inscrits au chômage avant le 31 décembre 2010, soit une dizaine de milliers de personnes, souvent au chômage après avoir accepté un départ volontaire en 2009-2010, en pensant bénéficier de cette disposition. Coût : moins de 100 millions par an.

Les syndicats pensent qu’il faudra étendre cette mesure à ceux qui sont nés en 1954 et aux handicapés, ainsi qu’à tous les cas de chômeurs qui ont cotisé le nombre de trimestres nécessaires, mais n’ont pas atteint l’âge requis.Ils demandent un recensement identifiant la situation réelle et le nombre de personnes concernées afin de construire des solutions adaptées et pérennes d’ici l’été.