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Le RMI ou le RSA ne diminuent pas le taux d’emploi chez les jeunes

jeudi 27 décembre 2012

L’accès au RMI, puis au revenu de solidarité active (RSA) décourage-t-il certains jeunes de 25 ans de travailler ? Telle est la question posée.

On sait que l’accès comporte des conditions restrictives : le jeune majeur (18-25 ans), sans charge de famille, doit avoir travaillé au moins deux ans à temps plein au cours des trois années précédant la demande de RSA. Seuls 8 000 foyers bénéficiaient du RSA « jeunes » en janvier 2011. Parmi eux, plus des trois quarts étaient en activité.

Si l’existence des dispositions réservant une allocation aux jeunes de plus de 25 ans devait entraîner une désincitation au travail, cette désincitation devrait se traduire par un fléchissement du taux d’emploi des jeunes juste après 25 ans. Or, aucune rupture dans les taux d’emploi lors du passage à 25 ans n’apparaît entre 2004 et 2009, période de RMI. Ce n’est que chez les moins diplômés (niveau inférieur ou égal au brevet des collèges) que l’on peut observer une très légère rupture dans les taux d’emploi, inférieure à 3 %, et ne concernant que les emplois à temps partiel. Quand on regarde ensuite en 2010-2011, sur une durée il est vrai encore limitée du régime RSA, aucune rupture n’est viisible, quel que soit le niveau de diplôme considéré.

Au vrai le débat sur la désincitation à l’emploi créée par une allocation pour les jeunes demandeurs d’emploi est assez spécieux : la grande majorité des jeunes, en effet, aspirent d’abord à être intégrés dans la société par l’emploi, même si le gain est faible ; ne serait-ce que par l’acquisition d’une expérience professionnelle ; ils savent aussi qu’ils se créent ainsi des droits à la retraite. Autant de très bonnes raisons de ne pas se retirer du marché du travail pour une allocation somme toute très modeste, si l’offre d’emplois est bien là.

De plus, l’INSEE note que si la plupart des pays européens aménagent leur dispositif de revenu minimum pour les jeunes, la France et le Luxembourg sont en la matière les plus restrictifs. La majorité des pays européens (Allemagne, Autriche, Irlande, Portugal, Royaume-Uni et Suède) prévoient un revenu minimum pour les jeunes de moins de 25 an vivant en dehors du foyer parental et ne faisant pas d’études. Un troisième groupe de pays (Danemark, Finlande, Pays-Bas) accordent une allocation dès lors que leurs propres ressources sont au dessous d’un plafond, même s’ils habitent chez leurs parents.

 [1]


PS :

voir le dossier sur le site de l’INSEE : http://www.insee.fr/fr/ffc/iana/iana6/iana6.pdf


Notes :

[1INSEE, Analyses, n°6, septembre 2012