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Le sentiment de déclassement existe mais est minoritaire au sein de la population

mercredi 4 octobre 2017

Selon une étude de l’INSEE publiée récemment, 25 % des 30-59 ans estiment que le niveau ou le statut de leur profession est « plus bas » ou « bien plus bas » que celui de leur père, malgré une progression globale de l’emploi vers des métiers plus qualifiés. Au contraire, près de 36 % des personnes interrogées en 2014-2015 expriment un sentiment d’ascension sociale. L’origine sociale est déterminante, ainsi les employés et ouvriers représentent 60 % des personnes qui se sentent déclassées. Enfin, les sentiments de déclassement ou d’ascension sociale concernent, avec une intensité variable, tous les milieux sociaux.

Un sentiment tenace au sein de la population française

De nombreuses études l’attestent, les Français expriment souvent un sentiment de déclassement. C’est paradoxal car dans les dernières décennies notre économie a été marquée par une progression globale vers des métiers plus qualifiés. L’INSEE montre qu’en 2014-2015, 41 % des personnes de France métropolitaine âgées de 30 à 59 ans étaient cadres ou professions intermédiaires alors que ce n’était le cas que pour 29 % de leurs pères.


L’impact de la profession, du milieu d’origine et de la trajectoire sociale

Ces trois éléments expliquent ce ressenti mais le sentiment de déclassement varie toutefois fortement. Il est élevé chez les employés et ouvriers non qualifiés comme les ouvriers agricoles (45 % d’entre eux se sentent déclassés), moins élevé chez les employés et ouvriers qualifiés, comme ceux de l’industrie (21 %), ou encore les militaires, les policiers et les pompiers (17 %), Les conditions d’emploi jouent pour beaucoup dans le sentiment de déclassement.

S’il est minoritaire chez les cadres et assimilés, il en touche malgré tout environ un sur cinq (18 %). Il est particulièrement marqué chez les professionnels de l’information, des arts et des spectacles.

On l’a vu, près de 36 % des personnes interrogées en 2014-2015 expriment un sentiment d’ascension sociale. Enfin, 22 % des personnes pensent que leur profession est à peu près équivalente à celle de leur père et 9 % que leur profession n’est pas comparable.

Et les femmes ?

Par rapport à leur père, les femmes se sentent plus souvent déclassées que les hommes (27 % contre 23 %), en lien avec des situations plus défavorables sur le marché du travail et la persistance d’une inégalité salariale. « Cet écart s’explique en grande partie par les inégalités de genre sur le marché du travail », où les femmes sont encore surreprésentées dans les emplois non qualifiés, explique l’INSEE.

Mais par rapport à leur mère, seules 11 % se sentent socialement déclassées, reflet de la profonde transformation de la place des femmes sur le marché du travail sur une génération. Globalement, pour les hommes comme pour les femmes, le sentiment de de déclassement n’atteint que 10 % lorsque les personnes interrogées se comparent à leur mère (contre 25 % comparativement au père), illustrant le fait que ces inégalités étaient plus prononcées encore pour la génération des parents.

Une « mobilité sociale descendante » avérée dans 1 cas sur 5

L’INSEE a souhaité vérifier si ce sentiment de déclassement était avéré. Selon la typologie utilisée seule environ une personne sur cinq (21,7 %) connait effectivement une « mobilité sociale descendante ». On se rappelle que le sentiment de déclassement atteint 25 %. Une forme de pessimisme national !


Sources