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Le vieillissement de la population Européenne

jeudi 5 juillet 2012

L’année 2012 est l’année du vieillissement actif dans l’Union européenne. À voir les chiffres et les prévisions de la démographie européenne, même s’il faut prendre des précautions avec de telles projections, on comprend la nécessité de l’objectif affiché.

Eurostat a publié récemment des projections de population dans l’Union européenne jusqu’à 2060.

  1. Au 1er janvier 2008, l’Union européenne comptait 495 millions d’habitants, 502 millions au 1er janvier de cette année 2012. Eurostat en prévoit 521 millions en 2035 …mais 506 millions seulement en 2060.
  2. D’autre part, si 17 % d’Européens en 2010 ont plus de 65 ans, ils devraient représenter 30 % de la population européenne en 2060 (24,7 % au Royaume-Uni, 36,2 % en Pologne), et la France monterait de 16,5 % à 26 %.
  3. Les plus de 80 ans passeraient de 4,4 % à 12,1 % au cours de la même période (9 % au Royaume-Uni, mais 15 % en Italie ; la France attendue à 10,8 %).
  4. Alors qu’aujourd’hui il y a 4 personnes en âge de travailler (mais toutes ne travaillent pas : études, chômage, inactivité d’un pourcentage variable de femmes et de rentiers) pour 1 personne de plus de 65 ans, il n’y en aurait plus que 2 pour 1 en 2060.

Plusieurs facteurs participent au vieillissement européen et jouent à des niveaux différents selon les pays.

  1. L’allongement de l’espérance de vie est le fait le plus positif et explique ce triplement attendu des personnes de plus de 80 ans ;
  2. Le faible taux de natalité, de 1,5 enfant par femme en moyenne dans l’UE alors que l’on estime nécessaire le taux de 2,05 pour le renouvellement des générations. Seules l’Irlande (2,06) et la France (2,02 en 2010) l’atteignent, alors que certains pays de l’Europe méditerranéenne et centrale dépassent guère 1,3 enfant par femme.
  3. Les politiques migratoires aussi, qui expliquent que la plus forte progression soit attendue au Royaume-Uni qui deviendrait le pays numéro un d’Europe en 2060 avec 77 millions d’habitants, devant la France à 72 et l’Allemagne qui redescendrait de 82 millions à 71. En effet, à partir de 2015 au niveau de l’UE27, l’accroissement naturel devrait devenir nul puis négatif, et le solde migratoire deviendrait le seul facteur de croissance démographique, sans d’ailleurs suffire à partir de 2035.

2012, année du vieillissement actif, on comprend aisément pourquoi. Faire que cette population garde le plus longtemps des activités, qu’elles soient professionnelles, bénévoles et personnelles, ce qui diminue et retarde le risque de la dépendance, apparaît comme une évidence. Des pays comme le Danemark, des collectivités locales de plusieurs pays ont entamé des politiques qui revisitent l’habitat, les déplacements, les services, les activités proposées ou soutenues.
Au niveau des entreprises, cela renforce largement la nécessité d’amplifier la négociation d’accords seniors (cf par exemple l’accord récent chez Nexter), encore manquants dans trop d’entreprises et souvent avec peu de véritable politique d’emploi des seniors.
D’autre part, ces projections rendent encore plus important de reprendre le débat de fond sur les retraites, prévu par les partenaires sociaux pour 2013, et l’élaboration d’une politique pour la prise en charge de la dépendance, promise dans le quinquennat précédent mais non engagée et encore peu évoquée dans les engagements électoraux du nouveau président.