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L’apprentissage en 2014, les chiffres clés

mercredi 23 septembre 2015

Les chiffres des nouveaux contrats d’apprentissage sont toujours en légère baisse avec un mieux par rapport à l’an passé. C’est ce que révèle la dernière enquête de la DARES Analyses parue en juillet 2015.

En effet, en 2014, 265 000 nouveaux contrats d’apprentissage ont été comptabilisés dans le secteur privé, soit une baisse de 3 % par rapport à 2013, moindre que les – 8 % observés l’année précédente. Les entrées en apprentissage dans le secteur public, également en recul de 4 %, s’établissent à un peu plus de 8 700. Un chiffre encore décevant. Mais il faut indiquer que le nombre de nouveaux contrats retrouve en 2014 le niveau de 2005. Presque 10 ans pour effacer les effets de la crise de 2008 !

Une tendance forte

La baisse concerne uniquement les formations de niveaux IV et V, alors que la tendance est à la hausse dans le supérieur. Clés du social a rendu compte le 18 juillet [1] de la difficulté des niveaux V. D’un point de vue sectoriel, ce sont les très faibles recrutements dans le secteur de la construction qui expliquent le recul des entrées en apprentissage en 2014. Cette situation confirme aussi la crise dans le secteur de l’immobilier et de la construction.

L’âge et le sexe des apprentis

Du fait du poids croissant des apprentis préparant un diplôme de l’enseignement supérieur, l’âge et le niveau de diplôme des nouveaux apprentis continuent d’augmenter.
À la signature du contrat, 46 % d’entre eux ont le baccalauréat ou un diplôme du supérieur et 34 % des nouveaux contrats préparent à un diplôme du supérieur. De moins en moins d’apprentis sortent de scolarité à la signature du contrat ; ils sont 58 % en 2014.

Seul un tiers des nouveaux apprentis sont des jeunes femmes. Cette proportion n’a que très peu évolué depuis 20 ans mais varie selon le domaine du métier préparé. 77 % des jeunes filles préparent un métier du domaine des services contre seulement 25 % des garçons. Elles ne représentent que 13 % des apprentis des spécialités de l’industrie et du bâtiment.

L’hétérogénéité régionale

Les entrées en apprentissage ont évolué depuis 2009 de manière très hétérogène selon les régions. Elles ont bien résisté à la crise et se sont maintenues voire ont augmenté dans certaines régions comme en Corse (+27 %), en Alsace (+20 %) ou en Auvergne (+16 %). Elles ont en revanche fortement diminué dans d’autres régions comme en Bourgogne (-29 %) ou en Bretagne (-22 %). L’apprentissage est une compétence décentralisée. Les disparités régionales peuvent donc en partie s’expliquer par des choix stratégiques entre régions, qui mettent l’accent ou non sur l’apprentissage.

Les recrutements d’apprentis dans les entreprises de plus de 250 salariés sont en hausse

Les recrutements d’apprentis augmentent nettement en 2014 dans les entreprises de plus de 250 salariés (+5 %), après une baisse de 1 % en 2013. Ils sont en revanche toujours en baisse dans les petites entreprises, même si les entreprises de moins de 50 salariés restent toutefois les principaux employeurs d’apprentis avec 73 % des nouveaux contrats, une part en baisse néanmoins de plus de 4 points en trois ans. Les jeunes peu diplômés sont mieux représentés dans les entreprises de moins de 50 salariés (68 % des nouveaux contrats) que celles de plus de 250 salariés (13 %) où les apprentis préparent en général un diplôme de l’enseignement supérieur.

28 % des contrats d’apprentissage commencés en 2012-2013 ont été rompus avant leur terme théorique

28 % de l’ensemble des contrats commencés au cours de la campagne 2012-2013 (juin à mai) ont été rompus avant la date de fin prévue. Ce « taux de rupture brut » est plus faible pour les contrats de moins d’un an et se situe entre 32 % et 35 % pour les contrats de durée comprise entre 13 et 24 mois, qui sont les plus nombreux.
Les taux de rupture et d’abandon diminuent lorsque le niveau de diplôme préparé s’élève. 36 % des contrats des primo entrants sont rompus précocement au niveau CAP-BEP alors qu’ils sont 16 % dans le supérieur. Le taux d’abandon y est aussi plus faible : 12 % pour les diplômes de l’enseignement supérieur contre 28 % lorsque le diplôme préparé est de niveau CAP-BEP.
Les taux de rupture et d’abandon sont particulièrement importants dans les métiers de l’hôtellerie et de la restauration.


Sources

  • DARES ANALYSES • Juillet 2015 - N° 057