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Les chiffres de la protection sociale en France

samedi 23 décembre 2017

La Drees vient de publier, le 30 novembre, les chiffres provisoires des prestations sociales pour 2016. Représentant 32 % du PIB, il est important de voir leurs montants, leurs fonctions et destinataires, ainsi que leur financement.

En 2016, le système de protection sociale se rapproche un peu plus de l’équilibre, avec :

  • 759,5 Mds€ de dépenses
  • pour 755,6 Mds€ de recettes. Ainsi, le déficit a baissé à 3,9 Mds€ (2014 : 7,7 Mds€ ; 2015 : 5,5 Mds€ ; et …22 % en 2010). Les recettes de 755,6 Mds€, qui augmentent de 1,9 %, se composent de cotisations (461,8 Mds€), impôts et taxes (184,9 Mds€), dotations et autres ressources (108,9 Mds€). L’année 2016 est donc une année de reprise légère des ressources, mais les cotisations sociales connaissent une hausse plus lente que la masse salariale (+1,4 % contre 2 % pour la masse salariale), en raison de l’augmentation des allègements fiscaux (réduction des cotisations employeurs sur les bas salaires jusqu’à 1,6 smic et baisse jusqu’à 3,5 smic du taux de cotisation famille).

Quant aux dépenses, en hausse de 1,7 %, elles représentent pour :

  • L’essentiel, à 94 %, les prestations sociales versées soit 714 Mds€, en hausse de 1,8 %,
  • Le reste représente les frais de gestion et frais financiers, pour 45,5 Mds€.
Les 714 Mds€ de prestations se décomposent en :
Prestations de santé 249,9 Mds€ +2,2 %
Prestations liées à l’emploi 44,8 Mds€ +2,8 %
Dépenses contre la pauvreté et l’exclusion sociale 21,3 Mds€ +2,9 %
Prestations « vieillesse-survie » 325 Mds€ +1,7 %
Dépenses liées à la famille 54,6 Mds€ +0,9 %


Parmi les dépenses de santé, les dépenses de maladie se montent à 204,3 Mds€ (+2 %), celles de l’invalidité, à 38,8 Mds€ ont une plus forte hausse (+2,7 %), et les accidents du travail représentent 6,8 Mds€, en baisse de 2 % (faible revalorisation des rentes AT-MP, baisse de volume des rentes).

Les prestations chômage, soit 90 % des prestations emploi, diminuent de 1,1 % grâce à une amélioration du marché du travail et par une moindre hausse des allocations chômage. L’augmentation du montant des prestations emploi est due au plan de 500 000 formations supplémentaires, donc à la forte accélération des actions d’insertion et réinsertion et d’entrées en formation (+71 %).

Les dépenses de risque logement (18,4 Mds€, +1,3 %) et de pauvreté et exclusion sociale (21,3 Mds€, +2,9 %) accélèrent, même si le nombre de bénéficiaires du RSA diminue, en raison du relèvement du montant forfaitaire. Les prestations RSA activité et prime pour l’emploi, transformées en prime d’activité au 1-1-2016, progressent de 3 % et représentent 21 % des prestations pauvreté et exclusion sociale.

Les prestations vieillesse (286,6 Mds€, +1,8 %) et survie (pension de droits dérivés, dont réversion, 38,4 Mds€, +0,4 %) connaissent un ralentissement de leur croissance (+1,7 %) mais représentent 46 % de toutes les prestations sociales, en particulier en raison d’un flux plus important de nouveaux retraités (+3,4 %).

Les prestations de risque famille sont en légère hausse (+0,9 %) due à la reprise de la prime de naissance et prestation d’accueil du jeune enfant (PAGE), alors que les allocations familiales sont stables, dans une année qui a connu la poursuite de la baisse de la natalité.


L’importance d’ensemble de ces prestations correspond à une volonté forte de redistribution et diminue le taux de pauvreté en France. Et n’oublions pas que ce chiffre de 32 % du PIB tient compte du fait que l’ensemble de ces prestations est organisé au niveau public en France, à la différence d’autres pays.


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