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Les conséquences en termes de chômage partiel de la crise des gilets jaunes

samedi 2 mars 2019

Que ce soit en termes de croissance ou de chiffre d’affaires, les entreprises souffrent depuis le début de la crise des gilets jaunes et particulièrement certains centres villes. Ce n’est que l’un des paradoxes de cette crise qui a débuté sur des questions de pouvoir d’achat et qui entraine de graves problèmes de pouvoir d’achat voire d’emplois pour certains salariés et entrepreneurs. L’agence de services et de paiement [1] vient de rendre public les demandes d’activité partielle des entreprises touchées.

72 000 salariés sont contraints au chômage partiel
Le ministère du Travail a provisionné 38 millions d’euros pour indemniser 72 675 salariés contraints au chômage partiel. Entre le 17 novembre et le 11 février, ce n’est pas moins de 4 962 établissements qui ont déposé une demande de chômage partiel en lien avec les gilets jaunes. La majorité d’entre elles concerne la Réunion avec 3 698 entreprises pour 37 683 salariés. On se souvient que l’île a été victime de blocus pendant plusieurs semaines avec des conséquences lourdes dans le domaine du tourisme.

Peu d’entreprises ont déposé un dossier en métropole et celles qui l’ont fait n’ont consommé pour l’instant que 12,8 % des heures demandées. Ceci explique l’appel actuel des pouvoirs publics pour que les entreprises concernées fassent cette demande. Le chômage partiel est un amortisseur de crise et permet de rebondir plus rapidement.

Globalement, les PME sont les premières concernées. 93,3 % des demandes viennent de structures de moins de 50 salariés et 98,5 % émanent d’entreprises de moins de 250 salariés. Sans surprise, les principaux secteurs affectés sont le commerce (plus de 35 % des demandes) et la construction (13,9 %), mais aussi les transports.

Les régions les plus concernées

Les statistiques permettent de dessiner une carte des demandes et par là même des conséquences des rassemblements et des violences commises. En métropole, malgré la focalisation des manifestants pour Paris, ce n’est pas l’île de France qui est la plus impactée mais la région Occitanie avec 300 entreprises et 6 544 salariés. Elle est suivie des Hauts de France, 70 entreprises et 5 461 salariés. Le Grand Est ferme le trio de tête avec 91 entreprises et 5 220 salariés. Certaines régions sont très peu éprouvées. Citons les Pays de la Loire avec 18 entreprises et 187 salariés et la Corse avec une entreprise et trois salariés.

Ces chiffres ne font pas le tour de tous les problèmes et n’intègrent pas les conséquences des non-embauches dans certains secteurs, les problèmes de trésorerie de petites entreprises du commerce ou de l’artisanat qui risquent de conduire à des faillites, les conséquences budgétaires des dégradations pour les collectivités locales...

En fait ce sont tous les indicateurs économiques, taux de chômage, taux de croissance, PIB, taux de faillite, évolution des budgets municipaux… qu’il faudra suivre dans les prochains mois.


Notes :

[1L’Agence de services et de paiement (ASP) est un établissement public administratif (EPA). Elle est placée sous la double tutelle du ministère de l’Agriculture et de l’Emploi. Elle a pour objet d’assurer, dans un cadre conventionnel, la mise en œuvre d’aides publiques et d’actions d’accompagnement concourant à la formation professionnelle, à l’emploi et à l’insertion sociale et professionnelle.
Pour la mise en œuvre des demandes des entreprises : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23503