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Les dépenses de santé dans l’OCDE

samedi 21 décembre 2019

L’OCDE (Organisme de coopération et de développement économique) dans son rapport 2019 sur le Panorama de la santé cible 16 critères concernant l’état de santé et les performances des systèmes de santé des pays étudiés, y compris l’évaluation de leurs budgets.

Quels budgets les pays de l’OCDE consacrent-ils à la santé ?
Les indicateurs montrent que ce sont les USA qui ont dépensé le plus en soins de santé en 2018 avec 16,9 % de leur PIB, devant la Suisse.



Le Panorama de la santé énonce les domaines dans lesquels les dépenses pourraient être plus efficaces :

  • Le recours accru aux médicaments génériques pourrait permettre de réaliser des économies, alors que pour le moment les génériques ne représentent que la moitié du volume des produits pharmaceutiques vendus dans les pays de l’OCDE. En 2017, les génériques ont représenté plus des trois quarts du volume des produits pharmaceutiques vendus au Chili, en Allemagne, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni mais moins d’un quart au Luxembourg et en Suisse.
  • Les systèmes de santé et de protection sociale emploient aujourd’hui de plus en plus de travailleurs. Les soins de santé et les services sociaux représentent environ un emploi sur dix. Le transfert de tâches de médecins vers les infirmiers et d’autres professionnels de santé peut atténuer les coûts et permettre de réaliser des gains d’efficience.
  • Améliorer la sécurité des patients est non seulement bénéfique pour la santé mais permettrait de réaliser des économies (près de 5 % des patients hospitalisés ont contracté une infection nosocomiale en 2015-2017).

L’édition 2019 met en évidence des tendances préoccupantes :

  • L’espérance de vie recule par l’augmentation de l’obésité et du diabète.
  • Les maladies respiratoires comme la grippe et la pneumonie ont fait plus de victimes ces dernières années, notamment chez les personnes âgées.
  • Les décès liés aux opioïdes ont augmenté de 20 % et ont fait 400 000 victimes rien qu’aux Etats–Unis. Le nombre de décès est aussi élevé au Canada, en Estonie, en Suède.

Le tabac, l’alcool, l’obésité de même que la pollution continuent de tuer prématurément et de dégrader la qualité de vie :

  • 18 % des adultes fument encore quotidiennement.
  • La consommation d’alcool atteint en moyenne 9 litres d’alcool pur par personne et par an, soit près de 100 bouteilles de vin. Près de 4 % des adultes sont dépendants à l’alcool.
  • 46 % des adultes sont en surpoids ou obèses et près d’un tiers des enfants de 5 à 9 ans sont en surpoids.
  • La pollution atmosphérique est responsable d’environ 40 morts pour 100 000 habitants. L’inde et la Chine ont un taux de mortalité de 140 décès pour 100 000 habitants.

Le panorama de la santé de l’OCDE en 2019 signale l’excellence du système français qui y consacre 11 % de son PIB, une des proportions les plus élevées des pays de l’OCDE. Sur 16 critères passés en revue dans le rapport concernant l’état de santé et les performances du système de santé, la France affiche de meilleures performances que la moyenne de l’OCDE dans 14 cas :

  • L’espérance de vie à la naissance est parmi les plus élevées au sein de l’Union Européenne : 85,3 ans pour les femmes, 79,4 ans pour les hommes. Et cette espérance de vie a progressé depuis 2007 de 2 ans pour les hommes et de 0,9 ans pour les femmes.
  • L’accès aux soins, avec 89 % des adultes qui disent avoir accès à un médecin si nécessaire, contre 79 % dans l’OCDE, même si l’organisation note qu’il existe des préoccupations dans certaines zones sous–dotées.
  • Le reste à charge en matière de dépenses de santé est très faible pour les ménages (2 % de la consommation finale).
  • La qualité des soins fournie par les hôpitaux est de très grande qualité.

Des points de vigilance :

  • La densité médicale (nombre total de médecins, généralistes comme spécialistes) est inférieure en France à la moyenne : 3,3 médecins pour 1 000 habitants contre 3,6 pour tous les membres.
  • L’âge des médecins : 45 % des praticiens ont 55 ans ou plus alors qu’ils ne sont que 34 % pour l’OCDE.
  • La répartition des médecins montre une disparité entre zones urbaines (3,9 médecins pour 1 000 habitants) et zones rurales (2,7 médecins pour 1 000 habitants).

La France, pour mieux faire selon l’OCDE, a des leviers : la prévention, avec notamment la lutte contre le tabagisme et l’alcoolisme ; l’amélioration de l’efficience de l’hôpital, en évitant les hospitalisations ; le développement des soins primaires, c’est-à-dire la médecine de ville.

Selon de nouvelles prévisions de l’OCDE, les dépenses de santé dépasseront la croissance du PIB au cours des 15 prochaines années dans presque tous les pays de l’OCDE. Dans un nouveau rapport, l’OCDE indique en effet que les dépenses de santé par habitant augmenteront à un taux annuel moyen de 2,7 % dans la zone OCDE et atteindront 10,2 % du PIB d’ici 2030, par rapport à 8,8 % en 2018.



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