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Les entreprises et l’environnement en France : quelles pratiques ?

mercredi 17 janvier 2018

Un quart des entreprises [1] reconnaissent en 2016 que leurs activités ont un fort impact sur l’environnement. C’est le résultat de nouvelles réglementations depuis le début du XXIème siècle qui imposent aux entreprises des bilans (« reportings ») extra-financiers et environnementaux, et aussi de démarches volontaires liées à la perception de leur impact, voire à la mise en route d’une RSE. À quelles pratiques les amènent ces prises de conscience ?

Impact des entreprises sur l’environnement : quel état des lieux ?

Bien entendu, cet impact varie énormément d’un secteur à l’autre. Et sa perception va d’une entreprise sur deux dans les secteurs de l’énergie et environnement ainsi que dans les transports et entreposage, et 37 % dans celles du bâtiment, à 6 % pour l’information et communication.

Si ¼ des entreprises reconnaissent ainsi un fort impact sur l’environnement, un autre quart n’estime pas que leur entreprise a des effets sur l’environnement, surtout dans le secteur des services (information et communication, activités scientifiques et techniques, services administratifs).

En premier impact, 14 % des entreprises enquêtées sont conscientes de leur production de déchets, à commencer par le secteur de l’énergie et de l’environnement, suivi par la construction et par l’hébergement et restauration. Ensuite elles (9 %) reconnaissent avoir des conséquences en termes d’émission de gaz à effet de serre (GES), en particulier dans les transports et à 8 % de pollution de l’air, pour le même secteur. Au même niveau (8 %) on trouve les nuisances sonores avec toujours les transports en tête, et à 7 % l’usage de substances toxiques ou dangereuses, en particulier dans l’énergie et l’environnement. Ces entreprises sont moins nombreuses à remarquer un impact sur la ressource et la pollution de l’eau (5 %), la pollution des sols (4 %) dans les deux avec le secteur de l’énergie et environnement en tête ainsi que l’agroalimentaire pour l’eau, et seulement 3 % la perte de biodiversité.



Quelles sont les entreprises qui développent le plus ces pratiques ?

Plusieurs caractéristiques départagent les entreprises dans leur action en faveur de l’environnement.

Premier paramètre : plus l’entreprise est sensible à son impact sur l’environnement, plus elle est active.

D’autre part, plus l’entreprise est grande, plus elle développe de pratiques, que ce soit pour la gestion efficace des ressources, ou le recours à des certifications et labels. C’est encore plus net quand l’entreprise fait partie d’un groupe : plus de démarches d’amélioration énergétique, plus de certifications de processus de production, mais peu de certifications environnementales.

On retrouve ainsi le secteur de l’environnement comme le plus actif, suivi de près par les transports et l’entreposage. L’immobilier est le secteur du tertiaire le plus engagé, notamment dans les économies d’énergie et la recherche de certifications, devant celles de l’agroalimentaire et de l’hôtellerie-restauration. Celles de l’industrie recherchent la gestion économe des ressources, en particulier la recherche de l’efficacité énergétique. La construction, surtout en petites entreprises, fait peu de choses.

Au-delà de la prise de conscience, quelles pratiques ?

Pour la moitié des entreprises sensibles à leur impact, l’essentiel de leur stratégie consiste en une économie de moyens dans les processus de production, donc une gestion économe des ressources (matières premières et eau) et pour 1/3 d’entre elles celle de l’énergie par une politique d’efficacité énergétique. 1/3 développent aussi des démarches pour réduire leurs émissions de GES. Mais peu (10 %) font le bilan de leurs émissions et seules 20 % ont établi un plan d’action touchant l’efficacité énergétique ou la réduction des émissions GES, l’usage des énergies renouvelables, les déplacements du personnel, ou la réduction de transport de marchandises.

Plus rarement (18 %), elles ont acquis une certification d’environnement sur leurs processus de production, et ¼ des entreprises déclarent produire des écoproduits, mais avec seulement 8 % avec des certifications d’écolabels.

En fait, pour l’Insee, ces pratiques n’évoluent pratiquement pas par rapport à l’enquête précédente de 2011, sauf un peu plus de sensibilité à la préservation de la biodiversité. Et 1/3 des entreprises sensibilisées ne citent aucune action.

On voit là les limites de la prise en charge de l’environnement par les entreprises, préoccupation encore minoritaire et, pour celles qui sont conscientes d’un fort impact sur l’environnement, des mesures incomplètes, recherchant d’abord des gains pour elles-mêmes, par une utilisation optimale et efficace des ressources et énergie et par des certifications constituant un atout sur les marchés. Il faut espérer que l’obligation de « déclaration de performance extra-financière » depuis le 1er septembre 2017, en remplacement du rapport RSE, pousse les entreprises à accroître leur perception et leur prise en compte de ces questions. Mais cette obligation ne touchant que les grandes entreprises (500 salariés), il reste aussi à convaincre les plus petites de s’en occuper.


Source


Notes :

[12ème enquête sur les entreprises et le développement durable (EnDD) auprès de 11 000 entreprises de 20 salariés et plus, en 2016 (la 1ère en 2011).