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Les inégalités sociales face à la santé

dimanche 10 février 2013

Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie : "Il existe une corrélation entre les inégalités sociales, de revenu, de catégories socioprofessionnelles, etc… et les inégalités d’état de santé, espérance de vie, le nombre de maladies déclarées, les causes de décès, etc…".

Le rapport affirme qu’il est incontestable qu’il existe des « inégalités sociales de santé », c’est-à-dire de la corrélation entre, d’une part, les inégalités sociales (mesurées par divers indicateurs, de revenu, de catégories socioprofessionnelles, ou par divers indices de précarité, etc.) et, d’autre part, les inégalités d’état de santé (mesurées elles aussi par divers indicateurs tels que l’espérance de vie, le nombre de maladies déclarées, les causes de décès, etc.).

Par exemple, l’espérance de vie des cadres à 35 ans dépasse de plus de six ans l’espérance de vie des ouvriers au même âge. L’écart entre les deux catégories sociales s’accroît encore (huit ans) lorsque l’on considère l’espérance de vie « sans incapacité ». Pour les femmes, les écarts sont moins importants, trois ans.

Les conditions de vie et divers éléments d’environnement jouent aussi un rôle dans les inégalités sociales de santé.

Mais, contrairement à certaines idées reçues, les chiffres examinés par le HCAAM ne font pas apparaître de différence flagrante entre les dépenses individuelles moyennes de santé des différentes catégories sociales. Et en tous cas, elles ne font pas apparaître une moindre dépense de santé pour les catégories sociales moins favorisées. Ce sont même les ouvriers qui ont, dans la tranche d’âge des plus de 75 ans, les dépenses individuelles moyennes les plus importantes.

Espérance de vie à 35 ans

Femmes cadres 86.7
Femmes ouvrières 83.7
Hommes cadres 82.2
Hommes ouvriers 75.9
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Une comparaison européenne

Le rapport présente une série de données qui compare la France aux autres pays européens.

Sur l’indicateur de mortalité en fonction du niveau d’éducation, la France se caractérise par un indice d’inégalités parmi les plus élevés par rapport aux pays d’Europe de l’Ouest.

Les inégalités de mortalité selon la catégorie sociale placent également la France dans une situation peu favorable relativement à d’autres pays européens comparables.

Concernant la mauvaise santé perçue en fonction du niveau d’études, la France occupe une position intermédiaire, avec un indice relatif d’inégalités proche de la moyenne européenne. (La perception n’est pas forcément la réalité)

Concernant la mauvaise santé perçue en fonction du niveau de revenu, la France occupe une position plus favorable, surtout pour les hommes, quand c’est le niveau de revenu qui est retenu comme variable.

S’agissant du tabagisme, selon la même étude, il y a moins de différences entre catégories sociales en France que dans les autres pays européens.

En ce qui concerne l’obésité, l’inégalité est forte pour les femmes françaises : les différences sociales sont nettement plus importantes que dans les autres pays.

Les Français ont en moyenne près d’une visite par an chez le médecin, ce qui est la moyenne la plus élevée de tous les pays comparés de l’OCDE, les écarts en fonction du niveau de revenu étant faibles.

La France fait partie des pays où le recours à un spécialiste est le plus élevé (0,6 visite par an par personne) mais où la différence d’accès selon le revenu est la plus élevée, marquant ainsi une nette inégalité dans le recours.

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Notes :

[1L’Indice Relatif d’Inégalité (IRI) est un indice très usuel dans la mesure des inégalités sociales de santé. Il permet de rendre compte, par un chiffre unique, de l’écart de santé associé à un certain écart social. C’est un indice qui opère directement le croisement des « indices d’inégalités sociales » et des « indices d’inégalité d’état de santé », pour décrire directement une « inégalité sociale de santé ».