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Les navetteurs de plus en plus nombreux !

mercredi 21 septembre 2016

En 2013, 16,7 millions de personnes ont travaillé dans une commune différente de celle de leur lieu de résidence. C’est le chiffre avancé par une étude de l’Insee en juin 2016. Les navetteurs [1] représentent près 2 actifs sur 3, soit 6 points de plus qu’en 1999. Ils se déplacent le plus souvent en voiture et parcourent en moyenne 15 Km pour se rendre à leur travail, soit 2 km de plus qu’en 1999.

Qui sont-ils ?

Ils sont plus nombreux dans les Hauts-de-France et en Île-de-France (autour de 70 % des actifs), mais aussi dans les régions qui forment la couronne parisienne telles que la Normandie, le Grand-Est, le Centre-Val de Loire et enfin la région Auvergne-Rhône-Alpes (plus de 65 % des actifs). Par contre, c’est la Bretagne qui enregistre durant ces 14 ans la plus forte progression.

Les actifs plus particulièrement concernés par ces déplacements sont les cadres et ingénieurs, plutôt installés dans la vie puisqu’ils vivent en couple, ont des enfants et habitent une maison individuelle.

Par ailleurs, la part des navetteurs progresse plus fortement dans ces zones que dans les zones moins denses.

Quels moyens de transport ?

Incontestablement, pour ces déplacements ils empruntent leur voiture à 80 % surtout évidemment dans les territoires peu denses.
Les transports en commun sont plus utilisés pour les trajets supérieurs à 30 km. Ils sont aussi privilégiés à Paris où seulement (ou tout de même !) 50 des navetteurs utilisent leur véhicule. C’est aussi le cas, mais dans une moindre mesure, pour Lyon, Lille et Grenoble. La densité urbaine mais aussi l’offre de transport peuvent l’expliquer.

Quelle distance parcourue ?

Les distances s’allongent puisqu’avec 15 km de distance médiane c’est 2 km de plus qu’en 1999. Cette progression concerne plus particulièrement les trajets entre 20 et 50 km. En France métropolitaine, elle varie entre 13,6 km en Bourgogne-Franche-Comté et 19,2 km en Corse. Si cette distance n’a pratiquement pas bougé en Île-de-France, elle a particulièrement augmenté dans les Hauts-de-France et en Centre-Val de Loire. Il faut noter évidemment que le temps parcouru diffère largement entre les zones à forte densité et celles à faible densité. L’étude ne donne toutefois que peu d’indications sur les temps de trajet.

Les actifs bougent beaucoup entre les grands centres urbains !

800 000 personnes quittent chaque jour un grand centre urbain pour aller travailler dans un autre grand centre urbain. La forte concentration de grands pôles urbains dans le Nord fait que c’est Lille qui concentre le plus d’échanges. Mais 56 000 actifs viennent des grands centres urbains qui entourent Paris et la région parisienne (Orléans, Rouen, Reims, Amiens, etc) et parcourent en moyenne 90 km pour se rendre à leur travail.

Les travailleurs frontaliers

Ils sont 383 000 en 2013 à franchir chaque jour la frontière pour aller travailler, soit 50 % de plus qu’en 1999 ce qui est considérable. Ils sont bien sûr concentrés dans la Région Grand-est où 7 % de la population active travaille à l’étranger, essentiellement en Suisse et au Luxembourg. Notons par contre que l’Allemagne attire moins qu’en 1999.

L’étude ne tire pas de conclusions sur les raisons qui poussent les actifs à se déplacer de plus en plus loin pour aller travailler. On peut toutefois en suggérer quelques-unes : les difficultés d’emploi, le coût du logement dans les grands centres ou encore la recherche d’un meilleur cadre de vie.

Au vu de ces évolutions, il ne faut pas s’étonner que les salariés soient de plus en plus intéressés par le télétravail, une façon pour eux de réduire leurs déplacements !


Source :

  • Insee Première n°1605 de juin 2016

Notes :

[1Le terme navetteur est employé pour tout actif qui quitte chaque jour la commune de son domicile pour aller travailler dans une autre commune. Pour des raisons de commodité, la distance parcourue est celle qui sépare les deux mairies des communes concernées.