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Les nouveaux embauchés de la SNCF auront la "garantie logement" en Île-de-France

mercredi 13 février 2019

Les nouveaux embauchés de la SNCF se verront proposer en Île-de-France un logement en moins de quatre mois et des chambres meublées pour ceux en formation. La SNCF doit réussir 2 000 recrutements en 2019 dans une région soumise à de fortes concurrences en termes de qualifications et de compétences et par ailleurs la plus chère de France pour le prix des logements.

2 000 recrutements à réussir en Île de France en 2019

Le volume de projets franciliens dans le domaine des transports est très important. Il s’agit de répondre à une demande de mobilité de plus en plus forte, de préparer les JO de Paris 2024, de réussir le chantier du Grand Paris Express… La SNCF transporte plus de 3 millions de voyageurs chaque jour en Île-de-France et doit assurer la réussite de 8 grands projets structurants.
De plus, elle se heurte à une difficulté supplémentaire, la concurrence avec les maîtres d’ouvrage du Grand Paris. Tous se disputent les expertises techniques dans les domaines du BTP, de l’électricité, des SI et des télécoms.
La SNCF cherche à recruter deux mille personnes (contrôleurs, agents d’accueil, agents de maintenance, agents d’aiguillage…) pour des postes techniques, tant côté SNCF Transilien que SNCF Réseau. Tous les niveaux de diplôme sont concernés. Les recrutements franciliens représentent la moitié des embauches de l’entreprise.

Une garantie-logement depuis le 1er janvier

L’entreprise propose une « garantie logement » aux jeunes qu’elle forme. Ils pourront à nouveau en bénéficier, une fois titularisés. Il s’agit exclusivement de non-cadres. L’engagement est de fournir un logement meublé de 15 m2 à 25 m2 en moins de 72 heures, pendant la formation, et un logement à un loyer modéré ensuite, quatre mois au plus après la demande. Les agents qui commencent un peu au-dessus du Smic se verront proposer des logements au tarif social (15 € du mètre carré au lieu de 30-35 €). Les loyers dépendront de plusieurs paramètres liés à la situation personnelle du collaborateur et/ou de son foyer/ménage.

Par ailleurs, il pourra également bénéficier des aides publiques (APL, AL) ainsi que d’une aide spécifique de la part de l’entreprise qui existe depuis plusieurs années : l’aide aux nouveaux embauchés dont le montant dépend de la rémunération de l’agent. Les cadres, quant à eux, peuvent bénéficier d’un accompagnement à la recherche de logement.

Ce n’est pas une politique nouvelle pour la SNCF. Elle disposait déjà de 33 000 logements, dont 26 000 logements sociaux. La nouvelle mesure est évaluée à 20 millions d’euros par an pour être en mesure d’offrir une garantie à tous.

Des logements à loyer modéré et proches du travail

Le directeur général de SNCF Transilien reconnait des difficultés de recrutement en Île-de-France essentiellement à cause du logement. Plusieurs problèmes se conjuguent : des offres peu abondantes et à un prix élevé et puis la question de l’emplacement du logement par rapport à son travail. Beaucoup de métiers à la SNCF ont des horaires de nuit ou atypiques. Nous retrouvons là bien des points mis en avant lors de la crise actuelle que vit notre pays. L’objectif est de fournir un logement à moins de 20 km du lieu de travail.

En conclusion, en liant emploi et logement, la SNCF revient à une politique très ancienne. On se souvient que les mineurs étaient logés ainsi que les agents d’EDF et d’autres professions. Dans un moment qui réclame plus d’actions collectives au service des salariés et plus de solutions pour favoriser une transition écologique acceptable par tous, peut-être faut-il revenir à des formules anciennes en les revisitant à la lumière du XXIème siècle : logements fournis près du lieu de travail, transports collectifs de la maison à l’usine ou au centre commercial, covoiturage, télétravail...

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