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Moins d’un CDD sur 2 a un CDI 7 ans plus tard

mercredi 31 juillet 2019

Le contrat à durée limitée (CDD, contrats temporaires, contrats aidés), souvent très court, est la façon la plus fréquente d’intégrer le marché du travail, pour les jeunes, pour ceux qui sortent du chômage ou d’un contrat aidé et constituent 87 % des embauches. La question du devenir de ces salariés en CDD est donc cruciale : « trappes à précarité ou tremplins pour une carrière ? », s’interroge l’Insee, qui a comparé les situations de 2008 et 2015 de personnes en CDD. En fait, la réponse n’est pas brillante : seuls 47 % sont en CDI 7 ans après.

Pourtant en 2015, 90 % des salariés en emploi sont en CDI dans le secteur privé. Mais la proportion des contrats à durée limitée a beaucoup augmenté, passant de 4,5 % en 1982 à 11,5 % en 2015.

Une répartition inégale selon les secteurs professionnels et la catégorie socioprofessionnelle

Si les CDD sont assez limités dans l’industrie (5,3 % des emplois), ils sont très nombreux dans l’agriculture-sylviculture-pêche (22,3 %) et beaucoup plus répandus dans certains services. Il faut remarquer aussi que les contrats à durée limitée sont en plus fort pourcentage dans le public que dans le privé marchand.

La répartition des contrats à durée limitée dans le secteur privé
Secteurs % de contrats à durée limitée
Secteur privé marchand 9,8
Agriculture, sylviculture et pêche 22,4
Construction 6,4
Commerce, transports, hébergement-restauration 10,3
Information-communication, services financiers, immobiliers et services aux entreprise 12,0
Services aux ménages 18,3
Administration publique, éducation, santé 14,3 %


Dans ces familles de secteurs, certains sont en pointe pour ces contrats de durée déterminée : la production de films et les enregistrements sonores (45 %), les activités créatives, artistiques et de spectacle (43 %), l’hébergement (30 %), les bibliothèques, archives, musées et autres (29 %), les activités sportives, récréatives et de loisirs (27 %).

De même, la répartition est inégale entre les catégories d’emplois, avec seulement 3,8 % des cadres du privé marchand en de tels contrats, contre 11,3 % des ouvriers et 14,3 % des employés. Là encore avec des différences à l’intérieur de ces catégories : les cadres des secteurs de l’information, des arts et spectacles sont souvent en contrat limité : plus du quart en contrat temporaire et 11 % dans d’autres contrats à durée limitée. De même, chez les ouvriers, les non-qualifiés sont beaucoup plus souvent concernés que les qualifiés (18 % contre 8,6 %). Chez les employés, si seuls 8,1 % d’entre eux sont dans ces types de contrats, cela monte à 14,7 % dans les services aux particuliers.

L’évolution de la situation des salariés selon leur contrat

En général, les salariés en CDI gardent leur type de contrat : 73 % sont toujours en CDI 7 ans plus tard, dont un peu plus de la moitié dans la même entreprise. Les 27 % restants, 2/3 sont devenus inactifs (retraités…) ou chômeurs et seuls 5 % sont en contrat limité. Ainsi le CDI représente une situation majoritairement stable, malgré la crise économique de 2008-2009 et la dégradation du marché du travail.

En revanche, si 24 % des salariés du privé en contrats à durée limitée sont en CDI dès l’année suivante et une fois sur 2 chez le même employeur, au total seuls 47 % sont en CDI 7 ans plus tard et peu souvent (1/5) chez le même employeur. Et beaucoup des salariés en contrats limités (43 %) ont connu des périodes de chômage indemnisé.

De même un peu moins de la moitié des contractuels restés dans la fonction publique sont passés fonctionnaires 7 ans après. Parmi les autres, beaucoup ont quitté la fonction publique (40 % dans les 3 ans), 20 % sont passés dans le privé au bout de 6 ans.

L’insertion est encore plus difficile pour les salariés en intérim, seuls 15 % sont en CDI au bout d’un an, leurs périodes de chômage indemnisé sont plus fréquentes : 21 % sont surtout chômeurs ; l’écart se réduit au bout des 7 ans (41 % en CDI). Quant à ceux qui étaient principalement chômeurs indemnisés en 2008, ils retrouvent plus rarement un CDI (28 % seulement 7 ans après) et un sur 2 seulement est en emploi, dont 28 % en CDI.

Les jeunes s’en sortent un peu mieux : 51 % des jeunes femmes et 49 % des jeunes hommes (16 à 35 ans) sont en CDI 7 ans plus tard. Les 35-50 ans accèdent plus difficilement à un CDI (44 % des femmes et 36 % des hommes).

Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, à caractéristiques individuelles identiques, les salaires horaires de départ sont quasiment similaires pour les salariés en contrat limité et ceux en CDI, avec une légère supériorité pour ceux en contrat limité (+1,8 %). Cependant leur progression est ensuite inférieure.

Au total, l’ensemble des données de l’Insee montre la difficulté pour ceux qui commencent - ou recommencent – avec des contrats précaires d’accéder à un emploi stable. Les contrats courts sont peu souvent un tremplin pour une carrière stabilisée, d’autant moins selon l’avancée en âge et la situation est plus difficile pour les hommes.


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