L’INSEE a actualisé pour 2006 les informations dont on dispose à ce propos. Il complète les informations déjà rassemblées dans notre synthèse (
http://www.clesdusocial.com/mois-social/mois-social-06/03-emploi/moitie.htm).
Pour mesurer le poids des groupes, l’INSEE rappelle d’abord que les 3 millions d’entreprises non financières recensées en France ont employé près de 15 millions de salariés et dégagé un chiffre d’affaires de 3 354 milliards d’euros. La part de l’industrie, celle de l’automobile étant déjà en vif recul, continue de diminuer (à 29 %) dans la valeur ajoutée (870 milliards d’euros), tandis que le poids des services marchands atteint 58 %. Quatre secteurs concentrent les deux tiers du chiffre d’affaire à l’exportation : dont le commerce, l’industrie des biens équipement, et l’industrie automobile. Ces derniers ont des taux d’exportation entre 34 % et 55 % de leur chiffre d’affaires : on comprend qu’en période de crise internationale, ils soient particulièrement touchés.
Or si seulement 5 % des sociétés sont des filiales, dépendant d’un groupe, elles emploient par contre 57 % des salariés (8,55 millions) et représentent 62 % des investissements.
Ce phénomène est très dominant dans l’énergie, dans l’industrie automobile (9 salariés sur 10 sont employés par un groupe), les biens d’équipement et intermédiaires, à un degré moindre dans l’industrie de biens de consommation, les transports et certains services aux entreprises. Quatre groupes concentrent 51 % de la valeur ajoutée des grandes surfaces alimentaires.
Cas particulier, l’Etat concentre son intervention sur les activités de réseau (énergie, transport, poste et télécommunications) et son poids continue de diminuer : 853 sociétés publiques emploient 874 200 salariés.
Les groupes étrangers emploient 14 % des salariés (près de 2 millions). Plus des deux tiers des filiales de groupes étrangers implantés en France sont contrôlées par des groupes appartenant à l’Union Européenne. Mais sous l’angle de l’origine des capitaux, les EtatsUnis ont le plus grand nombre de filiales implantées en France, suivis par l’Allemagne et la Grande Bretagne, respectivement 23 %, 15% et 12 % des salariés travaillant dans un groupe étranger. 60 % des salariés des groupes étrangers travaillent dans trois secteurs : commerce, services aux entreprises et industrie des biens intermédiaires.
Là encore, les fermetures d’entreprises et restructurations illustrent dans l’actualité cette réalité.