Le rapport a retenu, pour traiter des seniors, l’angle large de 55-75 ans, avec comme certitude clef : ils seront plus nombreux et en bon état de marche. Question, la société doit-elle s’en préoccuper ? La cité, bâtie autour de l’école et du travail, doit-elle prendre en compte une population qui n’est pas sénile, qui a les moyens de vivre et qui « ne travaille pas ». Il existe une politique pour les enfants, les étudiants, les travailleurs, les personnes âgées. En faut-il une et laquelle pour des personnes qui ne se considèrent pas comme âgées, qui peuvent et dont certaines veulent être actives, sinon professionnellement, au moins socialement ?
C’est d’abord cela l’apport du rapport : un appel à changer le regard sur les seniors en commençant par ne pas être larmoyant. Les seniors sont un groupe avec des caractéristiques communes et des différences sensibles, dans les revenus, les capacités, les envies. En moyenne, ils possèdent un patrimoine, fruit des années de travail, des revenus moyens supérieurs à celui des actifs, grâce notamment aux retraites, au travail du couple et au revenu de leur épargne. En moyenne, ils ont, encore, la santé.
Un apport des seniors à la société
La plupart des seniors sont utiles à leur famille, Enfants, petits enfants, parents, profitent de leurs moyens, de leur disponibilité, de leurs conseils, de leur mémoire, de leur culture. Ils créent ainsi du lien intergénérationnel et des soutiens matériels pour certains décisifs.
Ils sont utiles à la société, car ils participent à de nombreuses activités associatives sous différentes formes, bénévolat, volontariat, gestion, animation, etc. Temps et expérience s’additionnent.
Ils consomment : des loisirs, des produits et, comme ils ont du temps, ils sont des consommateurs exigeants. Leur poids économique est important dans certaines zones rurales ou groupements urbains.
Un apport de la société aux seniors
Le rapport met l’accent sur le renforcement de la place des seniors dans les circuits associatifs, ou simplement comme intervenants individuels dans la cité. Selon le rapport, il s’agit de rendre visible le capital associatif des territoires et d’inciter les associations à cibler cette catégorie sociale. Des exemples concrets du rôle de seniors dans les quartiers, ou comme médiateurs, ou comme répétiteurs illustrent le double bénéfice d’une telle relation : l’utilité sociale et la sortie de l’isolement pour certains, la poursuite d’une relation sociale interrompue par la retraite.
Le rapport appelle à des politiques locales structurantes en insistant sur le rôle des collectivités. Comment éviter un habitat ségrégatif ? Quelle adaptation à des transports prévus pour le travail ? Quels changements dans les ouvertures et les usages de certains établissements comme les écoles ? Le rapport cite l’exemple de l’institut régional du vieillissement de Franche Comté qui réunit autour d’une table monde médical, associatif, économique, éducatif pour organiser des réponses adaptées à la montée en nombre des seniors. Comme souvent le local invente…
Bref, un bon rapport… Les comités d’entreprise qui conservent des liens avec « les anciens » pourraient peut-être tirer quelque chose de ce regard et donner quelque suite aux propositions.
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