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Parentalité : nouveau thème de négociation ?

dimanche 25 mars 2012

Le fait que les entreprises se préoccupent des demandes de leurs salariés comme parents s’était développé après la seconde Guerre. Logement, école, dispensaire, crèches étaient mis en place par de grandes entreprises. Les syndicats ont progressivement dénoncé ces interventions au nom de la critique du paternalisme et d’une volonté de sortir du « tout-entreprise ». Les pouvoirs publics, les collectivités et les comités d’entreprise ont alors pris le relais.

Mais la question de la place des femmes, celle du partage des tâches poussent les entreprises à adopter des pratiques qui aident leurs salariés à assumer leurs responsabilités comme parents. C’est le concept de la parentalité.

Le rapport remis par Jérôme Ballarin, président de l’Observatoire de la parentalité, au ministre de la Solidarité nationale, se fonde sur trois convictions :

1) La transformation culturelle, organisationnelle et managériale des entreprises, nécessaire pour que les femmes puissent, à salaire égal, trouver toute leur place au sein de ces dernières et franchir le « plafond de verre », ne pourra se produire que si les hommes sont convaincus de la pertinence de cette transformation et y jouent un rôle de premier plan.

2) Une révolution conjugale doit également amener les hommes à s’impliquer davantage dans les tâches familiales et domestiques pour que les femmes disposent d’une égale capacité à s’investir dans la sphère professionnelle.

3) Loin de la culpabilisation et du politiquement correct, il faut encourager, valoriser et accompagner les hommes, de plus en plus nombreux, qui recourent, par exemple, au temps partiel, au télétravail ou à des modulations d’horaires pour s’investir davantage familialement, au bénéfice professionnel de leur compagne.

Afin d’aider les entreprises à impliquer les hommes en faveur de l’égalité professionnelle et de la parentalité, le rapport présente 10 bonnes pratiques qui devraient être généralisées en France et guider la transformation culturelle organisationnelle et managériale des entreprises. Voici les titres de ces pratiques développées dans le rapport.

Faire évoluer les stéréotypes de genre
Faire reculer la culture du présentéisme
Faire reconnaître l’engagement paternel dans l’entreprise
Faire grandir le congé de paternité et le congé parental masculin
Faire recourir les hommes au temps partiel
Faire émerger le concept de « flexibilité positive »
Faire prendre conscience aux dirigeants du lien entre mixité et performance

économique http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Ballarin_-_Synthese.pdf

Depuis le 14 février, la Charte de la parentalité en entreprise est ratifiée par 359 structures.

Vingt-sept nouvelles entreprises viennent de rejoindre le club des signataires de la Charte de la parentalité en entreprise. Portée depuis 2008 par l’observatoire du même nom (OPE), elle les engage à faire évoluer les représentations liées à la parentalité dans l’entreprise, à créer un environnement favorable aux salariés parents et à respecter le principe de non-discrimination dans l’évolution professionnelle de ces derniers. Quatre catégories d’actions ont été définies par l’OPE : les services facilitant le quotidien des salariés, le soutien financier aux salariés comme parents, l’organisation du travail, et l’accompagnement RH et managérial.

Parmi la première promotion 2012 figurent EDF, D & O, CNP Assurances, Allianz, la Caisse des dépôts, les crèches Abricot, Happy Families, Cap enfants ou encore la CAF de l’Ain.

Il reste à savoir si ces initiatives font l’objet de concertations ou de négociations avec la représentation des salariés des entreprises. S’il s’agit d’agir notamment sur les représentations des rôles des femmes et des hommes, la mise dans le coup des représentants du personnel n’est pas un recours subsidiaire, mais nécessaire…