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Prévisions de croissance de la population active d’ici 2060

jeudi 30 juin 2011

111 000 de plus chaque année selon l’INSEE, qui intègre les effets de la récente réforme des retraites.

La population active de ceux qui ont ou cherchent un emploi, devrait augmenter à un rythme soutenu de 110 000 personnes chaque année d’ici 2025, passant de 28,4 millions à 30,1 millions. La projection est poursuivie jusqu’en 2060, même si elle peut être, à une telle distance, incertaine : après une phase de stabilisation jusqu’en 1935, elle progresserait de 45 000 personnes par an pour atteindre 31,2 millions en 2060.

Rappelons que de 1975 à 2010, la population active - la main d’ »ouvre disponible pour contribuer à la production - avait progressé de 6 millions de personnes, soit 170 000 par an. Même si le rythme d’augmentation annuel est en voie de diminution, la France connaîtra donc une progression significative, alors que l’Allemagne voit sa population active diminuer.
Outre la fécondité (maintien de 1,95 enfant par femme, moyenne relevée depuis 2004), l’immigration (apport de 100 000 personnes par an, la prolongation d’activité des seniors - liée aux différentes réformes des retraites - et l’arrêt du mouvement de l’allongement des études expliquent cette prévision favorable.
Les taux d’activité des 15-69 ans passeraient ainsi d’ici 2025 de 66,6 % en 2010 à 68,6 en 2025 et 69,7 en 2060. Le ratio actifs sur inactifs de 60 ans et plus passerait donc de 2,1 actifs à 1,75 en 2025 et 1,5 en 2060. La part des 55 ans et plus passerait de 12,4 à 18,6 en 2030 et 17,9 % en 2060. Par contre l’activité des 15-24 ans resterait stable autour de 10 %.

Prolongeant les tendances actuelles, l’espérance de vie atteindrait 91 ans pour les femmes et 86 ans pour les femmes en 2060, le gain d’un trimestre par an diminuant progressivement à 1,8 mois par an. Cette tendance à une prolongation de l’existence, pas forcément en bonne santé d’ailleurs, demeure cependant soumise à des aléas : pandémies et impacts de la crise écologique.

Les leviers de progression de la population active sont, outre l’âge de départ effectif à la retraite, le taux d’activité des femmes de moins de 44 ans (alors qu’il est encore inférieur de 10 % à celui des hommes), le taux de fécondité et le solde de migrations. Son augmentation allégerait le poids de la hausse structurelle du nombre d’inactifs à la charge des actifs, ce qui demeure une donnée massive, même avec la réforme des retraites.

Quid des créations d’emploi ?
Encore faut-il que le nombre de créations nettes d’emplois permette d’employer cette population active disponible et de retrouver le « plein emploi », avec un taux de chômage autour de 4 à 5%. Si l’on veut diviser par deux le nombre d’inscrits (Catégories A, B et C) à Pôle emploi et les dispensés de recherche d’emploi, et employer tous les actifs supplémentaires d’ici 2025, il faudrait créer chaque année quelques 240 000 emplois. Pour mesurer la difficulté, rappelons qu’en 21 ans (1989-2010), la moyenne annuelle de création nette d’emploi a été de 137 000 emplois, avec seulement six fois un résultat supérieur à cet objectif.