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Quelle autonomie dans le travail ?

mercredi 6 janvier 2016

L’enquête sur « L’autonomie des salariés dans la réalisation des tâches qui leur sont confiées » fait partie de l’enquête Conditions De Travail, de 1978 à nos jours*. C’est le point de vue et les connaissances du salarié sur son travail et celui de l’employeur. Les résultats sont ventilées par sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, secteur d’activité, type d’employeur (avec une distinction pour les 3 versants de la fonction publique : État, territoriale, hospitalière). À conditions identiques, les résultats concernent les années 1984, 1991, 1998, 2006 et 2013.

Six items sont retenus pour l’autonomie dans le travail : la possibilité d’interrompre son travail en dehors des pauses prévues, les indications données par les supérieurs hiérarchiques, l’application des ordres, des consignes et des modes d’emploi, le comportement en cas d’incident, la possibilité de faire varier les délais fixés, la possibilité d’organiser son travail.

Reprenons les six items de l’enquête pour l’autonomie :

1- De plus en plus de salariés ont la possibilité d’interrompre leur travail en dehors des pauses prévues : Si on compare la situation entre 2005 et 2013, il y avait 45 % de femmes et 36,6 % d’hommes en 2005 qui ne pouvaient pas interrompre leur travail. Ils ne sont plus que 35 % de femmes et 25,6 % d’hommes en 2013. Ils étaient 5,9 % en 2005 pour 7,8 % en 2013 à pouvoir interrompre leur travail en se faisant remplacer et 53,5 % en 2005 pour 62 % en 2013 à pouvoir interrompre leur travail sans se faire remplacer. Les cadres et le professions intermédiaires ont acquis plus de possibilité d’interrompre leur travail que les employés et les ouvriers. Il en est de même en fonction de l’âge (les moins de 20 ans sont passés de 50,7 % à 55,1 % et les plus de 55 ans sont passés de 38 % à 25,4 %. Certains secteurs ont plus de facilités que d’autres : plus de facilités dans l’agriculture moins de facilités dans la restauration.

2- De plus en plus de salariés ont des consignes strictes données par les supérieurs hiérarchiques pour faire leur travail (19,3 % en 2013 contre 18,4 % en 2005) et moins d’explications sur l’objectif (80,3 % en 2013 contre 83,6 % en 2005). Les tâches monotones augmentent. Les indications données par les supérieurs hiérarchiques varient suivant la catégorie socioprofessionnelle. Les cadres sont 8,3 % à recevoir des indications précises et 91,7 % à avoir une explication sur l’objectif (en 2005 : 5,3 % et 94,7 %). Les professions intermédiaires sont 16,1% et 83,9 % contre 12 % et 88 % en 2005. Les techniciens sont 16,4 % et 83,6 % en 2013 contre 11,4 % et 88,6 % en 3005. Les contremaitres sont 12,3 % et 87,7 % contre 8 % et 83 % en 2005.

3- Ils sont de moins en moins nombreux à appliquer strictement les consignes et les modes d’emploi : (41,7 % en 1991, 37,2 % en 1998, 35,3 % en 2013). En 2013, 31,2 % des hommes salariés et 35,6 % des femmes salariées déclarent appliquer strictement les consignes. Ils sont de plus en plus nombreux à faire autrement dans certains cas ou à ne pas avoir d’ordre, ni de consignes, ni de mode d’emploi. Les salariés regrettent leur manque de compétence ou leurs compétences non utilisées.

4- Le comportement en cas d’incident : 50,8 % de salariés déclarent qu’ils règlent la plupart du temps les incidents eux-mêmes, 30 % font généralement appel à d’autres et 20 % le règlent mais dans des cas prévus d’avance.

5- La possibilité de faire varier les délais fixés : 34,5 % des salariés en 2013 affirment pouvoir faire varier les délais fixés (36,9 % en 2005). Ce taux varie fortement en fonction du secteur économique. Pour les agriculteurs : 28,7 %, pour la fabrication d’équipements : 51,8 %, pour les matériels de transport : 40,5 %, pour la restauration : 21,5 %, pour la santé et le social : 29,2 %, pour les activités de services : 18,6 %...

6- La possibilité d’organiser son travail : 30,2 % de salariés se disent tout à fait d’accord avec la proposition suivante : « je peux organiser mon travail de la manière qui me convient le mieux ». Cette affirmation varie en fonction de l’activité professionnelle : soit 40,9 % pour les cadres, 29,3 % pour les professions intermédiaires, 28,3 % pour les employés, 25,1 % pour les ouvriers et 34,6 % pour les ouvriers agricoles.

L’autonomie est une notion sensible dans l’évaluation d’un poste de travail : « absence de manœuvres, doit savoir détecter, doit pouvoir rechercher des solutions adaptées, degré d’initiative, autonomie pour réaliser les objectifs… ». Dans l’entreprise, « autonomie » est souvent associée à compétences, efficacité, compétitivité, complexité. Mais l’autonomie est perçue différemment suivant le groupe professionnel : 85 % des cadres se disent autonomes, 65 % des professions intermédiaires, 46 % des employés, 37 % des ouvriers qualifiés et 21 % des ouvriers non qualifiés.

Dans les conventions collectives à critères classants, « l’autonomie » est un critère à plusieurs niveaux et plusieurs grades. Cette compétence est assimilée à « responsabilité » quel que soit le poste (du groupe V au groupe II).


Références :