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Ralentissement des hausses de salaires du privé en 2012

samedi 4 avril 2015

Les dernières statistiques de la DARES publiées en janvier 2015 montrent que la crise qui perdure de façon inégale depuis 2008 a finalement contribué à ralentir la croissance des salaires du privé et a pour la première fois depuis 2007 réduit le pouvoir d’achat en 2012.

La France rejoint ainsi et avec retard, les autres pays européens frappés par la crise et qui connaissent depuis plusieurs années une modération salariale comme l’Espagne depuis 2012 et l’accord interprofessionnel de modération salariale signé entre les syndicats et le patronat.

Une baisse du pouvoir d’achat des salaires pour la 1ère fois en 2012

Tous les salaires du secteur privé ont augmenté de 1,6% en net de prélèvements sociaux en 2012 contre 2,3% en 2011. Ce ralentissement s’observe au moment où la croissance du PIB a ralenti (passant de 2,1 à 0,3%) et où l’emploi a reculé (-0,2% en 2012 contre +0,3% en 2011).
Face à une inflation qui s’est maintenue à 2%, l’augmentation des salaires de seulement 1,6% implique que le pouvoir d’achat a diminué de 0,4% en 2012.

Un véritable retournement s’est opéré sur le pouvoir d’achat avec la crise. Alors que le pouvoir d’achat augmentait de 1,2% en 2009, ses gains ont chuté jusqu’à +0,2% en 2011 avant de diminuer en 2012 (-0,4%). Un véritable choc à retardement puisque la crise a commencé en 2008 mais que ses effets se concentraient jusque-là sur les destructions d’emplois. Un cap a été franchi puisque le pouvoir d’achat des salariés du secteur privé recule réellement pour la première fois depuis le déclenchement de la crise, impactant désormais ceux qui ont conservé un emploi.

Des différences sensibles entre professions et secteurs

Des différences entre catégories socio-professionnelles peuvent aussi être observées. Les cadres subissent une augmentation des salaires moindre (1% en net) que celle des ouvriers et employés (1,4% en net). Les professions intermédiaires sont encore moins bien loties avec seulement 0,7% en net.

En termes de secteurs, c’est dans le tertiaire et la construction que les pertes de pouvoir d’achat sont les plus importantes (-0,6 et -0,7%) alors que l’industrie enregistre une stagnation (0%).

C’est dans les entreprises de plus de 250 salariés que les salaires ont été les plus dynamiques. C’est aussi dans les grandes entreprises que les salaires versés sont les plus élevés, celles-ci rassemblant davantage de catégories socio-professionnelles supérieures et leur marché est désormais mondial et ne s’arrête pas aux portes de l’hexagone.
Ainsi, le salaire net moyen s’élève à 1 798 € en moyenne dans les entreprises de moins de 10 salariés mais à 2 403 € dans les entreprises de 500 salariés ou plus. Cet écart reflète les différences dans la structure de l’emploi et les secteurs d’appartenance entre petites et grandes entreprises.

Enfin, l’écart de salaires entre hommes et femmes est resté stable : les femmes gagnent ainsi en moyenne 19,2% en moins, cet écart étant légèrement plus élevé dans les entreprises de 50 à 99 salariés (22,8%) mais significativement plus faible dans les très petites entreprises (14,4%). Dans les secteurs professionnels, ce sont les femmes des compagnies financières et d’assurances qui subissent le plus grand écart (39,5%) et dans la comptabilité-gestion (31%) tandis que les écarts sont moins significatifs dans l’industrie ou les services à la personne.

De façon surprenante, le pouvoir d’achat des ménages (attention, il comprend tous les revenus et pas seulement les salaires) est reparti à la hausse en 2014 d’après les récentes études publiées. Ceci est dû notamment au très fort recul de l’inflation qui est proche de zéro. Le pouvoir d’achat a ainsi cru de 1,1% en 2014 après une stagnation en 2012-2013. Il est courant d’observer un décalage entre l’inflation et les revenus : on peut donc anticiper que les revenus dont les salaires croissent à un niveau beaucoup plus faible en 2015 intégrant l’inflation zéro ainsi que la modération salariale dans les pays du Sud.


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