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Régime spéciaux : prime à la médiocrité

vendredi 1er septembre 2006

A peine F. Fillon avait-il prononcé les mots « régimes spéciaux » que le microcosme s’emballait.

Alors qu’il apparaissait plutôt sain qu’une équipe candidate aux élections présidentielles annonce ce qu’elle envisage de faire. Plutôt que des paroles creuses ou des promesses démago d’abrogation des réformes de 2003, en voila qui parlent clair. Et cette clarté peut permettre ensuite à l’élu éventuel de rétorquer à ses inévitables contestataires qu’il a été élu en annonçant une telle réforme.

Certains ont avancé que les esprits ne sont pas prêts. Les esprits de qui ? Ceux du secteur privé touchés par les réformes Balladur et Fillon ? Les fonctionnaires touchés par la réforme de 2003 ? Allons ! Les seuls résistants seront les salariés et pensionnés des régimes spéciaux. Sans doute faut-il vulgariser les éléments de comparaison des situations pour que le plus grand nombre sache ce qu’il en est et ne se laisse pas intoxiqué par les arguments qui accuseront, une fois de plus, la mondialisation et l’Europe d’être à l’origine de cette attaque portée contre ces travailleurs stratégiques que sont « postiers, cheminots et modestes employés de la Banque de France, fer de lance de la résistance au capitalisme ultralibéral ».

Mais les responsables politiques, syndicaux et patronaux savent la vérité : la réforme des régimes spéciaux est nécessaire pour deux types de raisons : financières, car les avantages des bénéficiaires ne sont pas toujours aujourd’hui justifiés, sont trop coûteux, et injustes, car on ne peut demander indéfiniment au moins bien lotis de payer pour les mieux lotis. Nul n’échappera à un réexamen en 2008.On sait déjà qu’il faudra trouver de nouvelles ressources et de nouvelles économies. Qui comprendrait que les autres types de retraites – de la fonction publique et du privé – soient à nouveau échenillées, sans que les régimes spéciaux, jusqu’ici épargnés, y échappent à nouveau.

Les réactions immédiates de la CGT et de FO sont dès lors lamentables. En éructant être prêts à la bataille, Mailly et Thibault deviennent des caricatures d’un certain syndicalisme où une addition de médiocrités a remplacé le principe de solidarité. Comment non seulement justifier, mais aussi promettre de se battre pour conserver une inégalité qui impose au smicard du bâtiment de payer son écot pour la pension du cheminot, à la caissière de supermarché de verser son obole au préposé de La Poste, à l’intérimaire de l’automobile de contribuer à la pension de l’électricien qui par ailleurs, paie son électricité à un tarif ridicule ?