Les clés du social Un regard sur le social

Accueil > Protection sociale > Retraite > Retraites pour carrières longues

Retraites pour carrières longues

vendredi 29 août 2008

Départs anticipés pour carrières longues : un nouvel accroc du gouvernement à un accord

On sait que ce fut un point central dans la négociation sur les retraites de 2003, l’un des principaux acquis de la CFDT justifiant son accord à la réforme.

Sur la période, 2004-2007, ce sont plus de 435 000 salariés qui ont pu en bénéficier, soit une moyenne annuelle de près de 110 000. Le coût de cette disposition qui bénéficie pour ceux qui ont commencé à travailler tôt et cotisé 42 ans est estimé à 4, 6 milliards d’euros en 2007. 119 000 devraient partir en 2008.

Certes ce flux annuel va se réduire progressivement, du fait de l’obligation de la scolarité à 16 ans, mais le Conseil d’orientation des retraites prévoit tout de même que les départs seraient encore de 40 000 en 2020 et de 10 000 en 2030. A condition de ne pas changer les règles actuelles.

Or c’est ce que vient de faire le gouvernement à l’occasion de l’été.

La manœuvre consiste à appliquer à ses salariés, par anticipation, 41 ans de cotisations pour bénéficier d’une retraite à taux plein : ceux qui voudront partir au 1er janvier 2009, à 56 ans, devront avoir cotisé 43 ans (au lieu de 42 ans aujourd’hui) alors même que la durée légale de cotisation à cette date pour la retraite à taux plein sera de 40 ans et un trimestre. Autrement dit, mécaniquement le nombre de salariés concernés va diminuer d’environ 40-45 % chaque année d’ici 2011, avec les économies correspondantes !

La CFDT qui tenait à cette disposition obtenue en 2003, a protesté avec énergie estimant que le gouvernement ne respecte pas l’accord de 2003.

Cette décision gouvernementale s’ajoute à l’échec des négociations sur la pénibilité et à la prise en compte des carrières spécifiques. Comment conjuguer lutte contre les inégalités et solutions au financement des retraites ? Un pays semble avoir trouvé une réponse, la Suède dont la réforme a réussi à mixer répartition et capitalisation et à fixer des durées qui tiennent compte de l’espérance de vie des différents métiers. Qui est disposé à entreprendre une telle réforme ? Les chiffres qui viennent d’être publiés sur le déficit du régime vieillesse devraient rassembler les acteurs pour chercher des solutions plutôt que d’obéir à des décisions à court terme comme vient de le faire le gouvernement.