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Si les riches donnent leur argent !

vendredi 1er septembre 2006

« Quand on est riche, il faut aider ses enfants à faire, non à ne rien faire »

Ainsi s’est exprimé Warren Buffet, financier américain et milliardaire, dépossédant largement ses héritiers,. Aussi prenant sa retraite, il a versé l’essentiel de sa fortune à la fondation de Bill Gates, le patron de Microsoft. Ce dernier a annoncé de son côté que dans deux ans, il s’occuperait à plein temps de sa fondation caritative.

Une majorité des riches américains versent régulièrement des sommes importantes à des associations caritatives. Ainsi selon l’étude d’une université américaine, l’équivalent de 1% du PIB des USA est versé à des associations.

…Nos riches répondent que l’ISF et l’impôt sur les successions, prélevé par l’Etat, prend la place des fondations américaines. Il serait bien intéressant d’approfondir la comparaison USA-France de ce point de vue.

Mais ce débat ne règle pas la question « finale ». A la fin, car pour tous il y a une fin, que faire de sa fortune ? C’est une chose de profiter de sa richesse quand on est actif et qu’on a bâti une fortune par son intelligence, son astuce et son travail. Une majorité de Français considèrent d’ailleurs que la plupart des personnes qui ont fait fortune le doivent à leur compétence et à leur travail. (Sondage paru dans Challenge de juillet 2006). C’en est une autre que de décider de son usage quand on se retire. Déposséder ses héritiers de l’essentiel et le justifier n’est pas anodin. Après tout rendre à la société – et pas seulement à l’Etat - ce qu’on a gagné, une fois qu’on en a profité, ce que, de fait, W. Buffet a décidé, devrait être une attitude plus largement partagée.

Au moment où certains évoquent la suppression de l’ISF ou de l’impôt sur les succession, -gageons qu’on en parlera dans la campagne présidentielle - il y a peut-être là une voie à explorer, pour soutenir le secteur des associations, des acteurs sociaux et des fondations, en complément des subventions de l’Etat et des collectivités territoriales. Encourager les riches à rendre une grande partie de ce qu’ils ont prélevé sur le travail à la société et les dispenser, en échange, d’une baisse de l’impôt sur les successions nous éviteraient peut-être ces dynasties familiales qui trouvent au berceau leurs privilèges et leurs sources de pouvoir.