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Sondage salariés

jeudi 24 novembre 2011

Ce que les salariés pensent de leur relation et de la qualité de leur travail.
Deux sondages et une enquête se recoupent largement.

La relation au travail reste positive, mais .

Les salariés ne sont donc pas massivement critiques à l’égard de leurs conditions de travail et la relation à l’emploi demeure positive. Mais la crise met en doute la stratégie des responsables et les modes de management peu coopératifs provoquent une dégradation du climat social. C’est en prenant en compte ce double constat que des stratégies de changement peuvent être efficaces, notamment en s’appuyant sur les critiques concrètes des salariés et leurs demandes et non sur des discours globalisants. N’y a-t-il pas ici un appel à négociation ?

Deux sondages récents autour de la satisfaction au travail apportent des indications intéressantes.

Le premier, réalisé par CSA auprès d’un échantillon de 987 actifs, a été réalisé en juin et publié dans le Figaro Madame en septembre.

- 60% des Français disent évoluer dans de bonnes conditions de travail. 79% pour les 18-24 ans et seulement 48% pour les plus de 50 ans ; - 57% sont contents de partir au travail le matin, 65% pour les 18-24 ans - Qu’est-ce le plus important au travail ? Les réponses donnent ce classement : - l’ambiance, privilégiée par les jeunes - l’autonomie - le salaire, priorisé par les ouvriers - les responsabilités - le contenu, privilégié par les cadres

Le second sondage est réalisé en septembre par la Cegos auprès d’un échantillon de 1 300 salariés.

- 59% des salariés satisfaits de leur emploi - 75% s’y impliquent - 59% restent motivés.

Les réponses sont supérieures de quelques points chez les salariés du secteur public.

Problème : Ces réponses positives sont en baisse par rapport à la précédente étude de 2009. Et, par exemple, ils ne sont que 44% des fonctionnaires et 49% des salariés du privé à être satisfaits du climat social. L’étude avance une progression de la « lassitude » de salariés devant une charge de travail mal répartie, des niveaux de salaires insuffisants des actions de formation inefficaces. Au final, la fierté d’appartenance à l’entreprise recule de plusieurs points en deux ans.

Vie au travail, un baromètre syndical

La CFDT a créé un baromètre de la vie au travail et a présenté la première édition de ses résultats. Une vision double de la qualité au travail s’en dégage.

69% des salariés interrogés estiment avoir plutôt les moyens de faire un travail de qualité .mais les 2/3 jugent leur rémunération plutôt pas correcte par rapport au travail demandé.//// 69% estiment avoir assez d’autonomie pour réaliser leur travail .mais l’intensification du travail est déplorée par près d’un salarié sur deux.

Les 2/3 estiment avoir assez de responsabilités .mais 55% regrettent le manque d’effectifs./// 7 salariés sur 10 disent pouvoir s’exprimer sur la manière et les moyens de faire leur travail .mais un sur deux juge que cela ne sert à rien.

Enfin, un salarié sur deux est pessimiste sur ses possibilités d’évolution professionnelle et 44% ne sont pas sereins devant l’avenir de leur emploi.

Ce mélange de satisfaction et d’inquiétude devrait amener les militants syndicaux à, non pas nier la souffrance au travail, mais à la relativiser et, en tout cas, construire une analyse de la vie au travail qui ne soit pas que négative. Ce que différentes enquêtes ont déjà montré, mais le fait que ce soit une enquête menée par des syndicalistes pourrait les amener à accepter plus facilement cette double vision.

Démarche intéressante qui fait regretter que ce type d’initiative ne puisse être réalisé dans un cadre intersyndical. Le panel en serait élargi, et les conclusions partagées par un plus grand nombre.

12 936 personnes consultées, 63% de femmes, 64% de salariés du privé, 90% en emploi stable. Les salariés ont été consultés par des militants de la CFDT.


PS :

Quelque 13.000 questionnaires, dont 63 % émanant de non-syndiqués et 31 % de cédétistes, ont été traités. 90 % des répondants sont en emploi stable (fonctionnaires ou CDI), près de la moitié des répondants appartiennent à une entreprise de plus de 1.000 salariés