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Sortie de crise ?

dimanche 1er novembre 2009

Une analyse du Centre d’analyse stratégique

Chargée de la prospective et du développement de l’économie numérique-. La lettre de Mission adressée au CAS fait référence à « la remise en cause de certaines de nos habitudes de vie » (du fait de la crise) et à la nécessité « d’évaluer l’ampleur des changements et d’examiner leurs impacts économiques, sociaux et culturels ».

Ce travail d’analyse a été confié à un groupe de travail composé de partenaires sociaux, d’universitaires et d’entreprises. La présidence de ce groupe est revenue à Daniel COHEN, professeur d’économie à l’école normale supérieure,

Le rapport revient sur la profondeur de la crise (chapitres 1 et 2). Il se situe en perspectives et s’arrête plus précisément sur les facteurs de changement tels que : « les nouvelles interfaces industrie-services comme gisement potentiel de croissance ? » ( chapitre 3) ; le déclassement accéléré d’une économie industrielle polluante et sa lente réinvention » (chapitre 4) ; « l’innovation contrariée et ses nouveaux marchés en mal de solvabilité » (chapitre 5) ; les questions de flexibilité de l’emploi et les compétences (chapitre 6) ; la nécessité de repenser l’ancrage territorial des activités et des hommes (chapitre 7).

Chacun de ces chapitres (2 à 7) se conclue opportunément par une interrogation concernant « les enjeux de politiques publiques » : il ne s’agit pas là de propositions concrètes mais d’identifier les enjeux posés à l’action publique.

L’exercice se veut également pédagogique puisque, une note incluse dans le rapport pointe « 14 points clés du rapport ». Pour chacun d’eux, autrement nommé « idées reçues », figure en regard un argumentaire, une démonstration, une nuance.

On va reprendre ici ces « 14 idées reçues » sans autre détail incitant ainsi, pour approfondir, à se reporter au document complet :

  1. 1 : « Il s’agit d’une grave crise financière, envers d’une surconsommation soutenue par le surendettement »
  1. 2 : « C’est une crise symptôme, désordre lié à la vigueur du cycle d’innovation et qui annoncerait un rebond, voire une crise utile permettant au jeu de destruction créatrice d’opérer »
  1. 3 : « L’industrie tire l’innovation. La crise affectant des industries pourvoyeuses en emploi, comme l’automobile, les perspectives d’emploi et d’innovation en Europe sont menacées ».
  1. 4 : « La consommation d’avant la crise était déterminée par une publicité et un marketing alimentant le désir de satisfaire de faux besoins »
  1. 5 : « La crise a fait émerger un « consommer mieux » et un « consommer moins »
  1. 6 : « C’est la fin de l’économie polluante et de la « vieille économie » »
  1. 7 : « C’est une crise de l’hyperconsommation qui rappelle la société à l’ordre et appelle une rupture dans les modes de consommation »
  1. 8 : « La crise est anxiogène car les français craignent de perdre leur emploi »
  1. 9 : « La nouvelle économie se heurte tout d’abord à un manque de financement de l’offre »
  1. 10 : « les dépenses contraintes (c’est-à-dire « pré-engagées » comme le logement, le fioul) ne touchent que les bas revenus, leur impact sur la croissance potentielle est faible »
  1. 12 : « L’emploi s’est détérioré dans la crise »
  1. 13 : « La crise engendre une défiance envers les entreprises et le système qui affaiblit la valeur travail »
  1. 14 : Le modèle d’ajustement dual de l’emploi est un passage obligé pour permettre la flexibilité nécessaire au développement des entreprises »

En résumé voilà un document intéressant dont nous conseillons la lecture : il prend le risque de se situer dans la perspective de « sortie de crise » dont on sait qu’elle demeure semée d’incertitudes.