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Temps de transport

vendredi 20 août 2010

Depuis longtemps, les villes gagnent peu à peu du terrain. Et la révolution industrielle, ajoutant des fonctions de production en grand nombre à l’ancienne économie agricole et artisanale aux fonctions tertiaires limitées, a créé un essor des villes, où les fonctions de commerce, d’industrie et d’habitat se retrouvaient dans le territoire communal, avec toutes les nuisances d’activités polluantes dans les cités.

La séparation des fonctions urbaines, théorisée par des architectes et urbanistes à commencer par Le Corbusier et la Charte d’Athènes, a donné une justification théorique aux migrations alternantes que supportent les actifs aujourd’hui. Là-dessus, la vague urbaine, en raison des lieux où se trouvaient de plus en plus les emplois, dans une économie de moins en moins agricole, a fait le reste, débordant des villes proprement dites pour développer des zones urbaines et périurbaines de plus en plus vastes. L’habitat et l’emploi sont ainsi de plus en plus distants et entraînent des temps de déplacement qui peuvent être très lourds.

Une étude de Regus indique que 20 % des Français passeraient plus d’une heure et demie par jour dans les transports et que le temps moyen des Français est supérieur de près de 10 % à la moyenne des 75 pays étudiés. Et même 10 % passent plus de 2 heures par jour.

On pense bien sûr d’abord à la grande banlieue parisienne. Mais toutes les grandes aglomérations connaîssent la même situation. Par exemple, d’après une récente publication de l’INSEE, en Midi-Pyrénées, un périurbain sur deux parcourt plus de 40 km par jour et la durée médiane du temps de trajet des périurbains est d’une heure dans cette région, plus que les urbains et même un peu plus que les ruraux. Et on se déplace essentiellement pour son travail, pour ses études ou pour faire garder ses enfants.

Ces trajets ont un coût, pour chacun comme pour la société : équipements routiers et de transports, essence, abonnements,temps perdu, réparation des accidents… Les études médicales concluent maintenant que ces temps de trajets, générateurs de stress, peuvent créer des problèmes professionnels. On s’en doutait ! La fatigue, l’énervement de la circulation ou des transports en commun bondés ne favorisent pas la capacité de produire un travail de qualité ni une mobilisation des compétences.

Ainsi, rapprocher emplois et lieux de résidence, mieux maîtriser les déplacements pour aller au travail en favorisant l’urbanisation à proximité des dessertes de transports en commun constituent de véritables enjeux pour les pouvoirs publics. Et les entreprises ont tout intérêt à s’en préoccuper.